La Saint-Valentin, fĂŞte des amoureux

La Saint-Valentin, fĂŞte des amoureux

Dans la pensée populaire, la Saint-Valentin est sans contredit la fête des amoureux. Peut-être sous la pression de la mode, jeunes et vieux se préparent à célébrer cet évènement. Pour les couples déjà constitués, c’est l’occasion du rappel des souvenirs de rencontre et des bons moments vécus dans leur vie commune. Ceux-là en profitent pour réchauffer l’ardeur de leur passion et de leurs bons sentiments mutuels.

Mais il y a aussi tous les autres qui ne sont pas en couple et qui cherchent l’âme sœur dans celui ou celle qui pourrait correspondre à leurs rêves de fréquentation amicale et affectueuse. C’est parfois compliqué quand on s’expose à connaitre l’épreuve des sentiments et à faire face au mystère de l’autre. Beaucoup de jeunes ne savent faire les premiers pas; ils ont besoin qu’on leur présente quelqu’un. Cela s’est toujours fait et se fait encore dans de nombreux clubs de rencontre.Certaines sociétés ont pris cela comme prétexte pour improviser des mariages sans que les intéressés ne se connaissent; par exemple en Inde. Dans l’Ancienne Rome, il y avait la fête des Lupercales du 15 février (en l’honneur de Lupercus, dieu protecteur des troupeaux et des bergers) où l’on tirait au hasard le nom de filles et de garçons dans le but de former des couples qui sortiraient ensemble tout le reste de l’année. On ne dit pas ce qui en résultait.

Dans les mythologies gréco-latines il y avait Cupidon le dieu de l’amour qui était représenté sous la forme d’un jeune garçon qui s’était emmouraché de Psyché d’un niveau inférieur. Cupidon avait un arc et des flèches. La légende veut que la première personne qu’il frappait d’une flèche, devenait amoureuse de lui pour toujours. En principe, la personne touchée accédait à un nouvel état, une amélioration de sa condition. Cela illustre en quelque sorte la passion amoureuse d’Éros et de son pouvoir d’exaltation.

Les rapports des couples naissants ont souvent été frappés de règlementations dans beaucoup de sociétés, soit par le moyen de l’initiation, soit par des restrictions pour des raisons militaires. Vers l’an 200 à Rome, l’empereur Claudius fit promulguer une loi qui obligeait les soldats à rester célibataire pour qu’ils ne soient pas tentés de demeurer à la maison avec leur famille et de déserter le service militaire.

Au cours des années 260 le prêtre romain Valentinus était d’un avis plus profitable au couple de sorte qu’il mariait en secret de jeunes couples amoureux. Vers 268 l’empereur Claudius II ne l’a pas vu du même œil, puisqu’il craignait que ces mariages n’affaiblissent son armée. Les historiens rapportent que cet empereur fit arrêter et exécuter Valentinus en invoquant la loi promulguée par Claudius I qui obligeait les jeunes hommes potentiellement soldat à rester célibataire.

La tradition des Lupercales a tenu bon jusqu’en 496 lorsque le pape Delasse décida de les abolir et d’honorer plutôt la mémoire de Valentinus (Valentin) en le déclarant saint patron des amoureux, qui serait fêté le 14 février de chaque année. Il y eut sept saints portant le nom de Valentin tous fêtés le 14 février.

En somme, l’on peut dire que la tradition de la Saint-Valentin se rattache d’abord à des mœurs anciennes empreintes de mythologie, ensuite à des personnes qui ont payé de leur vie pour avoir choisi le pouvoir de l’amour plutôt que la puissance du pouvoir. Saint Valentin en est le plus illustre exemple.

Je suis décontenancé moi-même devant une éclipse solaire qui se produit le jour des anciennes Lupercales et au lendemain de la fête de Valentin martyr. Je présume que les couples naissants et même de vieux couples vivront de profonds sentiments humains entre le 14 et le 16 février. Je leur souhaite d'apprécier les moments de rencontre en évitant de mettre trop l'accent sur l'expression et les explications. On ne peut pas comprendre toute la profondeur de la gamme des sentiments en un jour.


Donat Gagnon

Source: Un texte sur le site (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/st-valentin/01.html) publié le 20 janvier 2018 a été ma principale source d’inspiration.