Le Retour du Féminin

Le Retour du Féminin

Par Donat Gagnon

Lundi dernier avant de m’endormir, je me demandais quel évènement de l’actualité pourrait être l’objet de mon article dans ce numéro de l’Astrospirale. Je m’intéresse à l’actualité mais pas au point de me laisser absorber par son tintamarre et ses électrochocs. Je préfère les sujets qui offrent des chances de conduire à l’essentiel. Or le lendemain au sortir de mes rêveries matinales, je compris comme une évidence indubitable que la question féminine occupait l’espace public comme jamais. Dans les médias et les arts de représentation, les femmes occupent le sommet de la scène.

Elles ont acquis l’aisance verbale et le sang froid qui leur permettent de relever bien des défis. On dirait qu’elles sont parvenues à jeter par terre les vieux stéréotypes dont elles se disaient victimes. Une prise en charge d’elles-mêmes plus virile a fait qu’elles ont pu créer toutes sortes d’associations de soutien et de formation mutuelle qui ont eu pour effet d’augmenter leur motivation au développement personnel, à l’engagement social et professionnel. Ces initiatives leur ont permis de sortir des chaines physiques et surtout psychologiques qui les handicapaient.

Cette marche en avant (qui n’est sans doute pas unique dans le cours de l’histoire) a débuté, faut-il le dire, par des expressions de révoltes, de ressentiments, voire des lamentations envers les institutions accusées de paternalisme ou envers des comportements machistes dégradants. Beaucoup d’entre elles ont compris qu’elles devaient aller de l’avant plutôt que de ressasser les misères passées.

Les progrès de la culture et la révolution technicienne ont libéré pour une part la charge domestique des femmes et ont ouvert des emplois accessibles à celles-ci: par exemples des emplois de confections en tout genre, des emplois associés au monde des affaires, dans le monde de la santé, dans l’assistance sociale, dans l’éducation et finalement dans la politique. Les communautés religieuses féminines étaient déjà impliquées au Canada dans ces divers genres d’occupations dès les XVIIe siècles et les suivants. Cela est d’une évidence qui saute aux yeux.

Par ailleurs, le caractère universel des lois dans les sociétés de droit fait que les femmes ont un égal droit d’accès aux services et privilèges de la société. Dans ce contexte, la ségrégation est malvenue et corrigée. Mais il faut le désirer, le vouloir et agir en conséquence. C’est ce que j’ai appelé une attitude plus virile. D’ailleurs il est dit dans «un livre très ancien et très sage» (l’expression est de Léon Chestov) que «le féminin doit se faire masculin et le masculin se faire féminin.» Qu’est-ce à dire ? Brièvement, cela signifie que la femme doit passer à l’action pour révéler le mystère qu’elle porte; tandis que l’homme doit pratiquer l’écoute pour être en contact avec son intériorité et se rendre sensible aux autres.

De plus, le réveil féminin observable est attribuable au ferme désir d’accomplissement de la gent féminine qui s’exprime dans l’exercice de ses talents et de sa génialité propre. Beaucoup de stéréotypes paralysants n’avaient rien à voir avec l’essence foncière de la femme. Des femmes courageuses se sont aperçu qu’elles pouvaient passer outre, sauf tomber dans la grossièreté qu’on dénonçait déjà dans les comportements machistes. Il faut un équilibre. La femme comme l’homme doit penser au bien de l’autre, au bien commun. Homme et femme cherchent une juste intégration des potentialités humaines en vue de réaliser l’unité des personnes respectives. Cela va plus loin que le vernis de la civilisation, des convenances et la satisfaction des besoins de base. On veut arriver à saisir son identité véritable et assez profonde pour englober tout ce qui est aimable au sens d’une connaissance amoureuse illuminative et libératrice.

Je ne veux pas cacher ici qu’un climat de désolation peut habiter de temps en temps les hommes comme les femmes. Les trois genres théâtraux -- comique, dramatique, tragique --caractérisent assez bien la réalité mondaine de l’être humain. Mais le théâtre est fait ainsi, n’est-ce pas, pour que l’auditeur-spectateur se demande comment on peut se sortir d’une situation embarrassante.

Il en va de même, il me semble, quand on observe les configurations astrales. Dans une carte du ciel, ces dernières traduisent des tensions auxquelles on pense un jour s’habituer en les cristallisant dans le moment privilégié de la naissance; mais petit à petit on réalise que les configurations nouvelles travaillent à nous activer, à provoquer du mouvement qui nous évitera de s’installer dans une passivité qui mène à la léthargie et au découragement. Un simple mouvement en avant met en action déjà bien des facultés corporelles, psychiques et intellectuelles; d’où viennent la santé, le bien être moral, éventuellement la confiance et l’ambition de réaliser le rêve humain.

Certains ont dit parfois que des femmes dans leur mouvement de libération n’ont fait que copier les hommes. Oui, jusqu’à un certain point... Le mimétisme fait son temps. Mais la personne bien engagée dans une voie d’interaction créative ou d’engendrement mutuel a horreur du plagiat et trace sa voie parmi les autres.

Aujourd’hui, on peut admirer tellement de femmes qui ont produit des œuvres remarquables et inspirantes dans plusieurs milieux. Je suis entouré de livres qui les honorent, en science, en des voies alternatives (elles sont nombreuses dans la production d’ouvrages d’astrologie, de médecine alternative et de psychologie), en philosophie, en religion surtout dans ses branches mystiques. Je peux en nommer quelques unes: Marie Madeleine Davy, Jeanne Ancelet-Eustache, Anick de Souzenelle, Élizabeth A. Johnson une théologienne américaine que je viens de découvrir en lisant une partie de son livre  Dieu au-delà du masculin et du féminin celui/celle qui est. (Éd. du Cerf/Paulines, /1999). Elle s’est vue décerné, pour ce titre, le Louisville Grawemeyer Award, le prix le plus prestigieux aux États-Unis dans le domaine de l’édition religieuse. Vous comprenez que le titre de son livre rejoint l’idée que j’avançais précédemment sur l’intégration des polarités masculine et féminine, valables pour les deux sexes, ici dans un sens très élevé où le dépassement de la dualité est envisagé.

Un autre titre rejoint nos intérêts astrologiques et la problématique soulevée dans cet article; celui-là est de Christine R. Page, 2012 Le Retour du Féminin. La Voie lactée est notre Mère, (Éditions Alphée – Jean-Paul Bertrand, 2009). En exploitant le contenu de ce livre de madame Page j’aurais pu trouver plein de renseignements intéressants. Mais il manquait quelque chose pour illustrer ma thèse.


J’avais besoin de cas qui confirmeraient mon hypothèse par des procédés astrologiques. Trouver un exemple de configurations astrales qui concernerait à la fois l’équinoxe de ce jour tout en éclairant une grande frange d’histoire qui correspond à la lutte des femmes pour la reconnaissance de leur dignité. La carte du ciel ci-dessus a été commentée par les deux auteures qui collaborent à ce numéro. Je m'en sers pour les rapprochements avec les cartes de celle que je nomme la Grande Femme. Je veux aussi souligner que le jour même du 20 mars 2014 à mon réveil (encore une rêverie matinale) m’est venue l’idée de me servir du cas de cette Grande Femme dont je tairai le nom. Pour le moment je peux dire qu'elle a laissé sa marque et spécialement à un moment dramatique de l’histoire dont je publie la carte du ciel. Cette carte qu’on peut voir comme un acte de naissance, sera suivie de quatre cartes des progressions établies à partir d'elle.

Nous allons comparer les positions planétaires de la carte de l'équinoxe de printemps avec la carte natale de la Grande Femme, ensuite avec quatre cartes de progressions établies sur elle en date du 20 mars 2014. D'abord, nous voyons que la Lune de l'équinoxe de printemps 2014 transite sur le Jupiter de la Grande Femme qui est à 17°41' Scorpion.  Saturne de l'équinoxe est sur le degré 23 du Scorpion, un degré qui se retrouve sur l'axe asc-desc de plusieurs régions du fuseau horaire EST de cet équinoxe. Mais plus important, dans la carte natale de la Grande Femme, le même axe est à 23°40' Verseau, on le remarque aussi pour Neptune en Poissons, Saturne en Gémeaux, Mars en Bélier. Si on regarde du côté des cartes du thème progressé jusqu'au moment de cet équinoxe : en commençant par la progression tertiaire, on voit Saturne sur le 23°16' Capricorne; on peut compter le Soleil à 22°57' Lion (orbe de trois minutes); en second la progression secondaire Naibod en sens direct n'offre rien au 23e degré, cependant Saturne 5°57' conjoint à l'ascendant Cancer et à Uranus sont tout de même à considérer puisque maitres de l'ascendant et du Soleil du thème natal de la Grande Femme; (en troisième, j'avais pensé tenir compte du thème de progression converse Naibod, où on voit Neptune occupant le 22°51' Poissons et un amas de cinq planètes dont le Soleil en Vierge. Après réflexion, j'ai réalisé que l'utilisation de la progression converse pour une date future était inadéquate. Je n'en ferai pas ici la démonstration, à moins que quelqu'un me démontre que cette méthode est pertinente dans la progression en sens direct, c'est à dire vers le futur. Quant à moi, je soutiendrai que son utilisation est valable pour les dates antérieures au thème source progressé); en quatrième carte de progression, l'arc solaire, on voit les Noeuds de la Lune à 23°56' dans l'axe Cancer-Capricorne et Vénus est 23°45' Bélier. On reconnait que la fréquence de ce degré est élevée, même évidence pour Saturne auquel on peut encore attribuer sa double exaltation à 20°20' Balance de l'arc solaire. L'ensemble de ces relevés saturniens est largement justifié car Saturne est la planète maitresse du Soleil Capricorne de la Grande Femme. Dans notre commentaire final nous tiendrons compte en plus des significations habituellement attribuées à Saturne, tel que la Tradition, le Père, les Ancêtres, le structurant, l'histoire, la durée, la responsabilité, la rigueur, la résistance, le pouvoir, etc.  

Un transit de Vénus de l’équinoxe de printemps 2014 sur la Lune du thème de la Grande Femme passerait pour anodin habituellement, mais pas ici puisqu’il s’agit des deux planètes féminines, à tenir compte dans toute étude du féminin.

J’ai mentionné quatre méthodes de progressions usuelles en astrologie pour analyser les suites d’une destinée: a) La progression tertiaire est illustrée ci-dessous, tandis que les trois autres sont en fichier joint qu'on peut ouvrir en les sélectionnant.

 

b) La progression secondaire Naibod en mouvement direct; c) La progression secondaire Naibod en mouvement converse (rétrograde). d) La progression de l'arc solaire. Les progressions sont établies pour le jour de l’équinoxe de printemps 2014.

Nous allons relever d'autres similitudes planétaires entre les deux cartes, de l'équinoxe et de la Grande Femme y compris ses progressions. Mon but est de fournir les bases d'un commentaire solide qui pourra être enrichi par les lecteurs astrologues. Ceux-ci pourront estimer si ces quatre cartes de progressions d’un thème qui remonte à près de cinq siècles confirment ou infirment la promotion de la femme en ce moment-ci de l’histoire. En parlant de promotion, je songe à des occasions d’éveil à sa dignité, à des prises en charge en terme de responsabilité, au dépassement de conditions limitatives, à la reconnaissance de l'image d'elle-même et que les hommes ont à son endroit. Cela ne se fait pas toujours sans douleur.

Nous allons voir du côté de Pluton. On sait qu’il est en Capricorne depuis déjà quelque temps, plus précisément il est à13°23’ de ce signe cardinal au 20 mars 2014. Maintenant allons voir sur la carte natale de la Grande Femme. Surprise, Pluton est au 28°23’ Capricorne le 12 décembre 1531, du calendrier Julien. Coïncidence ? Pas du tout. Le mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. Dans le monde des cycles, il n’y a pas de hasard. Cette “coïncidence” comme dirait l’autre s’explique par le fait qu’il y a eu au XVIe siècle une période plutonienne analogue à la nôtre, qui dura un peu plus de 16 ans (du 24 octobre 1516 au 11 décembre 1532). Une période analogue s’est répétée 246 ans plus tard (du 8 janvier 1762 au 1er décembre 1778). Celle dans laquelle nous nous trouvons débuta le 27 novembre 2008; et elle se terminera le 20 novembre 2024 avec l’entrée de Pluton en Verseau. Avant cette entrée, Pluton aura transité cinq fois sur la position de Pluton du 12 décembre 1531. On peut donc dire qu’actuellement, Pluton est en train d’effectuer sa troisième traversée du signe du Capricorne. Il peut être utile de se reporter aux périodes historiques ciblées, qu’on peut lire et relire avec la symbolique plutonienne; d’ailleurs les faits historiques ne manquent pas de nous fournir des exemples plutoniens. Saurons-nous s’en inspirer correctement pour éclairer un peu plus notre période actuelle ? Il ne s’agit pas de copier ce que les femmes et les hommes du passé ont fait, bien sûr, mais plutôt tirer les leçons qui nous aideraient à mieux comprendre comment on pourrait surmonter les difficultés du monde d’aujourd’hui. Ce serait une façon sage d’utiliser l’analogue. Aussi j’insiste sur ce point que le monde est toujours nouveau. Par conséquent il convient de demeurer attentif à cette nouveauté inspirante, ouvert mais vigilant.

Si l’on comprend que Pluton s’annonce comme le grand questionneur, celui qui descend dans les profondeurs de l’être et en remonte plus ou moins ébranlé mais vivant et parfois transfiguré, on comprend du même coup qu’il agit dans le cadre des attributs du signe qu’il traverse. Ainsi, en passant dans le signe du Capricorne généralement associé aux divers genres de pouvoir, surtout politique et financier, Pluton poursuivra ses enquêtes et ses questions sur les institutions, sur les hommes et les femmes qui les dirigent. Comme ce serait très long d’examiner tous les aspects des pouvoirs concernés, nous allons nous limiter autant que possible au rapport de pouvoir masculin/féminin. Question infiniment délicate, n’est-ce-pas ?

Nous avons mentionné déjà la disparition de certains stéréotypes qui affectaient la gent féminine. Cela est vrai mais pas dans tous les milieux. On constate beaucoup de résistance au sein de communautés et institutions qui sont fortement attachées à des prescriptions légalistes ou coutumières. Sous prétexte de religion ou de tradition, on voudrait maintenir des rapports de pouvoir qui dérogent aux principes fondamentaux d’une saine sagesse en matière de relation humaine. Que l’on questionne cela est bien dans l’esprit de la période actuelle qui ébranle quelque peu les institutions, après qu’on s’en soit pris aux principes doctrinaires dans la période du passage de Pluton dans le signe du Sagittaire. Aujourd’hui, tous les prétextes sont bons pour ceux qui veulent le pouvoir. On assistait à des comportements assez semblables dans la période analogue du XVIe siècle où des colères et des révoltes montaient des profondeurs au cours des années marquées par les Réformes et Contre-réformes protestantes et catholiques. Les Luther, Calvin, Swingli, Henri VIII, Charles Quint, les Papes Léon X et Clément VII en étaient les vedettes. De ces mouvements, il n’en est pas résulté une nette amélioration de la condition des femmes. Il faudra chercher ailleurs.

Effectivement, une certaine amélioration de l’image de la femme a été possible grâce à la Grande Femme venue d’ailleurs et qui s’est fait remarquer le 12 décembre 1531. Cela est arrivé quand on découvrait et prenait possession d’un nouveau continent. En Europe, la révolte religieuse grondait, puis il fallait repousser l’envahissement arabe. Tandis que dans le nouveau monde, la conquête des territoires indigènes se faisait dans la violence provoquée par l’ambition et la peur, par le choc de civilisations tellement différentes. Tout allait comme si on n’avait pas encore compris l’unité de la nature humaine; alors, certains se croyaient autorisés à justifier l’esclavage et l’inégalité de gens jusqu'à les qualifier de sous-humains.

Aujourd’hui, il se produit quelque chose de semblable. L’analogue s’exprime dans le mélange obligé des peuples, des cultures et des religions dans le contexte de la mondialisation de l’économie. Tout le monde ressent des difficultés dans le vivre ensemble interculturel. Nous sommes convoqués à repenser les modèles identitaires, à regarder autrement afin de permettre la réconciliation des différences. Mais cela dépasse la vision viscérale habituelle. Il me semble que cette problématique n’est pas étrangère aux rapports masculine-féminin où l'on constate quasiment le même genre de difficulté. Il est possible que les rapports harmonieux à l'échelle collective se construisent sur la base de l'intégration réussie du masculin et du féminin. Certains sages chinois pensaient que si l'on veut bien diriger le pays, il faut commencer par bien tenir sa maison, à commencer par soi-même individuellement.

Les civilisations gréco-latines avaient formulé l’importance pour l’homme de se connaître. Le générique homme engageait autant la femme. En latin, "homo" désignait l'être humain masculin (vir,viri) et féminin (mulier, mulieris); en grec, "anthropos" désignait l'être humain générique mâle (aner, andros) et féminin (gunê, gunaikos). Dans la tradition biblique également, il faut bien l’admettre quand on lit dans l’édition de la TOB en Genèse 1,27: “Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa; mâle et femelle il les créa”. Le générique homme englobe l’homme et la femme dans la même dignité et égalité. Cette phrase arrive après la formulation du projet de l’homme au verset 1,26 : “Faisons l’homme à notre image et selon notre ressemblance”. Dans la traduction en français courant de l’édition de la Société Biblique française 1997, on trouve une formulation encore plus simple: “Dieu créa les êtres humains comme une image de lui-même; il les créa homme et femme” (Genèse1,27) Est-ce que ces affirmations sont bien reçues et bien comprises aujourd’hui ? On nous donne parfois l'impression que la zone des préjugés est encore bien épaisse. Pourtant les énoncés relevés sont de formulation simple et se prêtent bien à l’interprétation métaphysicienne. D’autres interprètes ont préféré utiliser la formulation de (Genèse 2,7, 22-23). Au verset 7, l’homme est fait de la poussière du sol; au verset 22, Ève est tirée d’une côte d’Adam durant son sommeil; au verset 23, à son réveil, Adam la reconnait comme sa compagne étant du même sang que lui. Cette formulation métaphysiquement justifiable en principe a soulevé le malentendu de ceux qui voulaient faire de la femme une inférieure. On a pensé qu'il y avait moyen de faire entrer cette phrase dans une vision évolutionniste qui, à bien y penser, ne concordait plus avec le contexte d’un mythe sacré. À ce moment-là, les choses se sont compliquées davantage... Par ailleurs, Annick de Souzenelle, dans son livre Le Féminin de l'Être : Pour en finir avec la côte d'Adam (Paris, Albin Michel), a tenté de réparer la faille en proposant que la côte d'Adam devrait plutôt représenter son côté féminin qui lui a échappé durant qu'il "dormait". Les rapports attractifs ou érotiques du masculin et du féminin, dans cette perspective, viseraient la reconquête de la complémentarité et l'unification respective de l'homme et de la femme. Le philosophe grec Platon y avait pensé. Mais sa conception assez grossière de l'androgyne n'invitait pas suffisamment à percer le mystère des relations humaines. Platon eut le mérite d'ouvrir une brèche qui devint, grâce au christianisme, la voie à suivre pour l'accès à l'humanité véritable proche parente de la connaissance amoureuse ou de l'amour connaissance. Pour qu’advienne une synthèse plus satisfaisante, il faudra bien qu’hommes et femmes y collaborent, qu’ils et qu’elles s’ouvrent à “ce quelque chose qui dépasse le viscéral”. Cela présuppose que la prise de conscience du masculin et du féminin participent à l'essence du réel. On risque toujours de les oublier quand on traite des grandes questions en “général”. Voilà pourquoi j’en ai appelé à la Grande Femme.

Celle-là s’est imposée dans le contexte dramatique d’un territoire conquis. On ne l’attendait pas. Elle est arrivée d’un ailleurs invisible, elle est entrée en dialogue avec un pauvre indien Cuauhtlatoatzin, elle l'a chargé de se rendre chez l’évêque de Mexico et de lui demander de construire un temple à la Colline de Tepeyac. La négociation a nécessité plusieurs rencontres avec l’exigence d’une preuve de bonne foi demandée par l’évêque Juan Zumarraga. Le 12 décembre 1531, il y eut bien la preuve par les fleurs cueillies au solstice d’hiver en haute montagne et remises à l’évêque dans sa maison le jour même. Mais le plus incroyable, c’est que l’image de la Femme en question se soit imprimée sur la tilma de l’indien aztèque devant l’évêque et en présence d’une douzaine de personnes réunies dans la même pièce. Dans le numéro précédent de l'Astrospirale, j'ai débattu du moment de l'impression de l'image, moment qui a servi à monter la carte du ciel de celle que j'ai appelée ici la Grande Femme.


Vierge du Mexique

Pourquoi l’ai-je appelée Grande Femme ? C’est après beaucoup d’hésitation, de recherche et de relecture que j’ai consenti à l’associer à la Femme de l’Apocalypse de saint Jean. Dans mes articles précédents, j’avais fait quelques prudents rapprochements et j’avais dénoncé le fait que certains se donnaient la liberté d’ajouter trop à l’image apparue le 12 décembre 1531 dans la maison de l’évêque de Mexico. Tout de même, la singularité mystérieuse de l'image de la Grande Femme justifie, il me semble, son rapprochement au non moins énigmatique livre de l'Apocalypse de Jean. On a pu penser que ce livre visait quelques moments précis mais limités dans le temps, et quelques lieux connus de l’époque du christianisme naissant. On s’est fréquemment trompé là-dessus. On a pensé que son message visait directement les pouvoirs collectifs, alors qu’il peut tout aussi bien être transposé dans le cheminement de l’individu. Les destructions par les cavaliers, les coupes, les fléaux et le reste ne sont acceptables que si on les regarde dans l’extension du temps historique et de l’espace géographique (potentiellement transposable en temps et en espace transhistoriques). Au niveau du cheminement individuel, l’Apocalypse pourrait aussi dire quelque chose des péripéties de l’expansion de la conscience et de son triomphe dans le monde de l'Esprit.

Et que dire de la Grande Femme, la Vierge du Mexique ? N’est-elle pas en soi une énigme qui bousculent beaucoup d'opinions simplistes sur la Vierge. L'étude scientifique sérieuse de son image en a relevé le caractère cosmocentrique et des concordances avec l'environnement terrestre et céleste, mais sans pouvoir dire comment cela a pu se faire. Dans l'article du Vol 4 No 4, j'ai déjà affirmé que l'étude de l'image nous donne à croire qu'elle porte des signes des lieux terrestres, des signes d'orientation terrestre, des indications précises de la cosmographie du ciel ou de la Sphère céleste. La découverte de nouvelles données sur son image va au rythme des technologies nouvelles en science qui permettent de les observer. Par ailleurs, plusieurs apparitions virginales subséquentes, sans être identiques, n'en confirment pas moins l'image grandiose du 12 décembre 1531.

Le cosmocentrisme renvoie à la notion de Centre qui peut être symbolisé par un ensemble d'objets artistiques ou par des astres célestes convergeant vers un centre. L'équivalent temporel s'exprime habituellement par le principe de simultanéité en ce sens que divers instants de la trame temporelle ou historique sont représentés sur une trame sonore ou sur une image, à fortiori sur un icône tel que celui de la la Vierge Guadalupe du Mexique. Un tel centre est représenté sur la tunique de la Vierge par une fleur à quatre pétales qui comporte un rond en son centre.

Comme j’ai déjà commencé à la décrire dans l’article précédent (Vol. 4 No 4 de l’Astrospirale), l’étude de l’image nous fait réaliser que les éléments qui la composent s’accordent avec la thèse de l’appropriation d’espace et de temps très vaste, avec en plus l’ingrédient de la simultanéité que seul l’icône est capable de rendre. Ce sentiment fortement ressenti m’a incité à tester l’hypothèse que les progressions astrologiques pourraient en quelque sorte le confirmer. J'ai pensé aussi que l'évolution de la perception du féminin en soi, peu importe qu'on soit femme ou qu'on soit homme, pouvait être signalée par les progressions du thème source de la Vierge Guadalupe du Mexique, qui mérite aussi le nom de Grande Femme en raison de son rattachement possible au livre de l'Apocalypse, de même qu'à la Mère au pied de la Croix qui se fait appelé par Jésus : "Femme voici ton fils, Jean voilà ta Mère". Voyons maintenant si les superpositions de thèmes nous permettent de relever des données assez parlantes dans le sens des hypothèses que nous avons avancées.

Le thème de la Guadalupe du Mexique (2e thème illustré dans l'article) n’a que deux planètes en trône, Mars en Bélier et Neptune en Poissons. On aurait pu s’attendre à ce que le Soleil et la Lune soient fortement en dignité, mais non ils sont dans les deux signes saturniens et pratiquement à l’opposé des signes attribués aux luminaires. Le Soleil est au plus bas de sa déclinaison annuelle, du moins pour l’hémisphère nord; et la Lune se lève grosse d’humeur et d’épreuves en maison XII, mais bien disposée pour le service et la compassion. D’après la carte natale, elle n’a rien dans le signe de la Vierge. On aurait pu s’attendre que ce signe soit fortement souligné pour une personne qui se présente comme étant la très sainte Vierge Marie de Guadalupe. À cause de son nom, de son histoire et du prodige de sa manifestation au solstice d’hiver 1531, elle est tout autre qu’un être limité à un moment temporel ou représentant un lieu unique. Dans son état, son extension dans le temps historique (et métahistorique) est tout à fait compatible avec la simultanéité d’un être de haut niveau spirituel. Les thèmes progressés en astrologie illustrent jusqu’à un certain point l’extension dont nous parlons, à la manière d’une Présence continue dans un monde en changement constant. Les progressions sur une longue période permettent de constater qu’en certains moments la Grande Femme révèle à la fois son visage féminin et son sens de l’affirmation (qui tient de la virilité au sens où nous en avons parlé); ce que nous allons voir en examinant et en comparant les cartes jointes qu’on peut apercevoir en cliquant sur les fichiers en bas en fin d’article ou en cliquant sur l’expression en couleur qui les nomme respectivement.

La carte de l’équinoxe de printemps (premier thème illustré dans l'article), est pour moi le moment à privilégier pour accueillir les transits des progressions de la Grande Femme, en vue de se demander ce qu’un tel être pourrait nous apporter dans le cours d'une année zodiacale. On pourrait aussi faire l’inverse: se servir de la carte de l’équinoxe comme transit sur les thèmes progressés, pour nous aider à saisir ce que cette Grande Femme est en marche de nous dire. Aussi bien ajouter tout de suite qu’une telle opération ne prend tout son sens qu’à la condition que nous voyons en la Grande Femme, l’archétype du féminin, voire le visage féminin de la divinité.

Voyons comment le moment de l’équinoxe 2014 peut se comparer avec les cartes de la Guadalupe, d’abord en relevant les points communs ou analogues. On constate que Pluton est en Capricorne, que Neptune et Chiron sont en Poissons pratiquement en transit de conjonction au signe natal de la Grande Femme et de l’équinoxe 2014. Il serait possible de tenir compte d’autres aspects entre les planètes. Mais passons. Car je veux ajouter un autre analogue, celui de Vénus en transit rétrograde qui se produit aux 243 ans. Précisons qu’à chaque fois que se produit ce cycle exceptionnel, Vénus fait deux transits rétrogrades séparés de huit ans. Ce qui donne: 1518/1526 et 1761/1769 et 2004/2012. Ces transits vénusiens sont importants dans l’étude de l’image de la Vierge du Mexique tout comme ils l’étaient pour les peuples mayas et aztèques. Le transit précis de Vénus occultant le Soleil en un point s’était fait quelque cinq ans avant l’apparition, de même qu’il s’est produit près de deux ans avant le présent équinoxe. Cet écart de trois ans environ entre 1526/1531 et 2012/2014 (5-2=3) n’en font pas moins un analogue d'autant plus qu'on peut penser qu'un événement comparable à celui de l'apparition de l'image pourrait bien se produire dans le cours des trois prochaines années. En somme, ces analogues laissent croire qu’un potentiel est en voie d’expression. Nous avons précisé l’apport de Pluton, ceux de Neptune et de Chiron, on en parlera bientôt. Je reviens à ma question initiale.

Y a-t-il une explication au fait que le genre féminin est en effervescence ?

En supposant que le choix du visage féminin de l’Être divin est porteur de signification pour l’ensemble de la communauté féminine, je suggère l’interprétation qui suit. En débutant avec la progression tertiaireSA (troisième carte du ciel illustrée), on remarque la triple conjonction de Mars-Mercure-Uranus en Vierge. Les deux planètes de l’action et de la liberté de décision encadrent Mercure le maitre du signe de la Vierge. Il n’y a pas mieux pour enflammer une Vierge, le signe privilégié de la femme, voire de la femme «libérée» ! Cela est d’autant plus pertinent que Uranus et Pluton se sont conjoints en Vierge vers le milieu des années soixante. Il se trouve que la conjonction initiale de ces deux planètes et leur évolution directe forment actuellement le carré en T avec Pluton pour sommet en Capricorne. Ce n’est pas peu dire. Sur la même carte, le Soleil trône dans le Lion en conjonction de Vénus, planète si importante dans la problématique de la Guadalupe du Mexique. Jupiter est en Taureau et dans le mois de mai dédié à Marie. Il est au sommet d’un carré en T à Pluton et au Soleil-Vénus conjoint. De plus Jupiter est très bien relié par trigone aux trois planètes en Vierge et à Saturne à 23°16’ Capricorne. Saturne y retrouve même sa dignité. Quant au degré 26 souvent attribué au divin dans la symbolique des nombres, il est mis en valeur avec la position des quatre antennes cardinales, avec Vénus, Uranus et Pluton au même degré. La dominante planétaire en signes cardinaux de l’année 2014 est en quelque sorte assistée ou renforcée ici par la progression tertiaireSA de la Grande Femme, ce qui fait songer au soutient providentiel de Celle que l'image représente symboliquement. Il existe un autre type de progression tertiaire qui donne sensiblement les mêmes positions en Vierge; la Lune seulement présente un écart plus marqué mais à la position 14°02' Verseau elle se trouve pratiquement en conjonction de la position du thème radical ou source; donc en position avantageuse. En somme, tous ces facteurs sont autant de signes de l’éveil féminin, de la prise en charge par les femmes de postes sur la place publique, avec un souci d’universalité parfois. Cela peut contribuer également à ce que les hommes au masculin apprennent à prêter plus attention à leur dimension féminine, c'est-à-dire à leur capacité réceptive, d'écoute, d'inspiration. Par ailleurs, je suis porté à penser que le passage des planètes Mars et Uranus en transit prolongé dans le signe de la Vierge a pu provoquer des réveils surprises sinon brutaux, surtout quand on considère que la conjonction de Uranus-Pluton s'est faite dans ce signe au cours des années 60 et que le développement de leur potentiel est en train de se faire par le carré d'Uranus-Bélier à Pluton Capricorne.

Pour la carte de direction de l'arc solaire : DirectionArcSolaire

Saturne à 20°20’ Balance est doublement exalté étant pratiquement sur son lieu d’exaltation (21°) dans ce signe du zodiaque. Jupiter à 15° Poissons (déjà en trône traditionnel) est au trigone de son degré d’exaltation Cancer. Mars en Lion est au trigone de son degré d’exaltation Bélier. Le Soleil lui-même est exalté en Bélier. Certains soutiennent que Uranus est exalté en Scorpion. Neptune est en joie en Cancer. Par contre Pluton et Vénus sont en exil. On peut dire, en raison des dignités multiples et des présences planétaires en signes cardinaux, que cette carte s’inscrit dans la dynamique dominante des signes cardinaux de l’année 2014, touchant les États et les familles (Cancer), touchant aussi les couples et les lois sociales (Balance). Les Nœuds de la Lune dans l'axe Cancer/Capricorne soulignent que l’histoire est au rendez-vous. Est-ce que ce sera pour le meilleur ou pour le pire ? Que penser de la Lune et Pluton en XIIe maison ? La destruction massive ou un soutien providentiel dans l’épreuve, peut-être. Rappelons-nous que nous sommes dans une époque analogue à celle de la conquête du Mexique où l’on se disputait l’occupation de territoires. Ce qui est en train de se passer sur la planète Terre ressemble à cela, du moins la tentation est grande. Par contre le monde a changé. Peut-être qu'un plus grand nombre est conscient de la gravité des actions à l'époque des armes de destruction massive. Ainsi, les mouvements de réactions qui réussissent parfois à changer le cours des choses donnent des raisons d'espérer. Mais une réaction ne peut être efficace que si chacun se sent plus responsable de trouver sa raison d'espérer en s'appuyant sur les traditions encore vivantes qui peuvent l'aider à trouver l'accès de ses ressources intérieures. Les voix féminines ont intérêt à se faire entendre dans ce genre de débats, plutôt que de tabler sur la force.

L'exercice auquel je me prêtre en est un de recherche aussi sincère que possible. Je rappelle que j'avance en plein champ d'hypothèse que je parviens plus ou moins à vérifier. Par exemple, dans les comparaisons de cartes du ciel, je m'attends à ce que des astrologues chevronnés y apportent leurs commentaires, voire leur contributions. J'aimerais aussi que les lecteurs comprennent que l'attention que je porte aux planètes dans la carte du ciel de l'impression de l'image de la Guadalupe du Mexique n'a rien à voir avec l'interprétation astrologique habituelle quoiqu'un rapprochement est possible à la condition suivante : par exemple, on peut comprendre qu'il serait sacrilège de prêter à un être céleste dont la pureté est célébrée depuis deux mille ans, de lui prêter les travers et les bassesses qu'on rencontre dans la description des planètes. Chez un tel être les limites du sensible sont transmutées, transfigurées, d'où les noms d'immaculée et d'assomption que l'Église lui reconnait.

Si la description des degrés zodiacaux des positions planétaires fait songer à l'abaissement d'un tel être, il faut faire l'effort d'en comprendre la raison dans sa mission. Le fait que les planètes du 12 décembre 1531 se retrouvent sur des degrés particulièrement difficiles, par exemple ceux du calendrier de Thèbes, ne concerne pas la personnalité de la Vierge Marie ou la définition de son caractère. Le point du vue égotique tout à fait légitime dans les cas ordinaires n'a pas lieu d'intervenir ici. Ce qui pourrait être interprété comme un acte d'abaissement chez la Vierge, est plutôt un geste de miséricorde, de compassion pour les maux les plus graves dont souffre l'humanité, aussi comme une promesse d'aider ceux qui réclament un tel secours pour assumer dignement leur vie, leur cheminement jusqu'à leur réalisation ultime. D'ailleurs, n'est-il pas vrai que l'astrologue peut aussi connaitre des mutations faisant en sorte que ses propres configurations planétaires natales le représentent moins lui-même que sa clientèle. Les gens qui le visitent espèrent trouver remède à leurs maux chez quelqu'un qui a tout l'air de les avoir dominés. Il est vrai qu'on ne peut apporter de bienfait à autrui que dans la mesure où les valeurs de la carte du ciel ont été transmutées, impliquant en plus la considérations des ressources spirituelles du client comme agent principal de sa guérison. Bien sûr, cela suppose un éveil, des réveils répétés, le sentiment d'une présence toujours disponible pour suppléer aux manques et aux fragilités. Cela s'observe et le client le reconnait.

En revenant à nos comparaisons de cartes, celle du thème du 12 décembre 1531 et celle du 20 mars 2014, j'ai souligné l'éminence du degré 23, degré de Saturne en Scorpion pour l'équinoxe de printemps 2014, tandis que dans la carte du 12 décembre 1531, le degré 23 est celui de la Lune en Gémeaux, de Neptune en Poissons et de l'axe horizontal Asc-Desc du thème de la Grande Femme pour l'heure choisie 10 h 03 LMT Mexico. Le degré 23 émerge aussi dans quelques modèles de progression du thème source (12/12/1531), entre autre Saturne au degré 23 Capricorne qui envoie de bons aspects à plusieurs 23 déjà nommés, c'est de bon augure.

En consultant les images symboliques du calendrier de Thèbes pour ce degré 23, on lit : 1. pour 23° Poissons(Neptune) = "Une femme dans une barque sans rame" . C'est assez insécurisant, n'est-ce pas? Ce degré était fortement ressortit quand j'ai fait l'étude de la catastrophe du Titanic.; 2. à 23° Gémeaux(Lune) = Un homme décrépit se trainant sur un bâton; 3. à 23° Bélier (Mars) =  "Trois serpents qui en combattent trois autres; 4. à 23° Verseau(Asc-Desc) = "Deux chiens courant ensemble, de front". Ce qui fait penser à la constellation des deux chiens de chasse) ; 5. à 23° Lion = "Un homme à deux têtes regardant à la fois devant et derrière". Degré intéressant; 6. à 23° Capricorne = "Un homme tirant une femme par la main". Un femme est concernée, est-ce pour le meilleur ou pour le pire ? ; 7. à 23° Sagittaire = "Deux femmes qui se poignardent l'une l'autre". 8. à 23° Vierge = "Un homme dans une barque". Il fait écho au degré opposé ; 8. Finalement 23° Scorpion = "Petits ruisseaux qui s'échappent de la même source". Degré de la comparaison du thème de l'équinoxe de printemps 2014.

Je suis assez convaincu que la plupart de ces significations représentent des seuils de difficulté d'ordre matériel et surtout d'ordre psychique où l'on éprouve le sentiment de perdition. Toutefois les figures symboliques sont susceptibles de porter plusieurs significations en s'adaptant à des situations aussi inattendues que singulières.

Pourquoi l’ai-je appelée Grande Femme ? C’est après beaucoup d’hésitation, de recherche et de relecture que j’ai consenti à l’associer à la Femme de l’Apocalypse de saint Jean. Dans mes articles précédents, j’avais fait quelques prudents rapprochements et j’avais dénoncé le fait que certains se donnaient la liberté d’ajouter trop à l’image apparue le 12 décembre 1531 dans la maison de l’évêque de Mexico.  Tout de même le rapprochement me semble légitime du fait que l’Apocalypse est probablement l’un des textes le plus énigmatique publié dans le cours de l’histoire. On a pu penser que ce livre visait quelques moments précis mais limités dans le temps, et quelques lieux connus de l’époque du christianisme naissant. On s’est fréquemment trompé là-dessus. On a pensé que son message visait directement les pouvoirs collectifs, alors qu’il peut tout aussi bien être transposé dans le cheminement de l’individu. Les destructions par les cavaliers, les coupes, les fléaux, et le reste ne sont acceptables que si on les regarde dans l’extension du temps historique et de l’espace géographique. Au niveau du cheminement individuel, l’Apocalypse pourrait aussi dire quelque chose des péripéties de l’expansion de la conscience et de son triomphe.

Et que dire de la Grande Femme, la Vierge du Mexique ? N’est-elle pas en soi une énigme, même pour la science d’aujourd’hui à certains égards ? Comme j’ai déjà commencé à la décrire dans l’article précédent (Vol. 4 No 4 de l’Astrospirale), l’étude de l’image nous fait réaliser que les éléments qui la composent s’accordent avec la thèse de l’appropriation d’espace et de temps très vaste, avec en plus l’ingrédient de la simultanéité que seul l’icône est capable de rendre. Ce sentiment fortement ressenti m’a incité à tester l’hypothèse que les progressions astrologiques pourraient en quelque sorte le confirmer. J’y arrive en relevant simplement des données assez parlantes.

Le thème de la Guadalupe du Mexique (toujours la Grande Femme) n’a que deux planètes en trône, Mars en Bélier et Neptune en Poissons. On aurait pu s’attendre à ce que le Soleil et la Lune soient fortement dignifiés, mais non ils sont dans les deux signes saturniens et pratiquement à l’opposé des signes attribués aux luminaires. Le Soleil est au plus bas de sa déclinaison annuelle, du moins pour l’hémisphère nord; et la Lune se lève grosse d’humeur et d’épreuves en maison XII, mais bien disposée pour le service et la compassion. D’après la carte natale, elle n’a rien dans le signe de la Vierge. On aurait pu s’attendre que ce signe soit fortement souligné pour une personne qui se présente comme étant la très sainte Vierge Marie de Guadalupe. À cause de son nom, de son histoire et du prodige de sa manifestation au solstice d’hiver 1531, elle est tout autre qu’un être limité à un moment temporel ou représentant un lieu unique. Dans son état, son extension dans le temps historique (et métahistorique) est tout à fait compatible avec la simultanéité d’un être de haut niveau spirituel. Les cartes progressées qui sont d’usage en astrologie illustrent jusqu’à un certain point l’extension dont nous parlons, à la manière d’une Présence continue dans un monde en changement constant. Les progressions sur une longue période permettent de constater qu’en certains moments la Grande Femme révèle à la fois son visage féminin et son sens de l’affirmation (qui tient de la virilité au sens où nous en avons parlé); ce que nous allons voir en examinant et en comparant les cartes jointes qu’on peut apercevoir en cliquant sur les fichiers en bas en fin d’article ou en cliquant sur l’expression en couleur qui les nomme respectivement.

La carte de l’équinoxe de printemps est pour moi le moment à privilégier pour accueillir les transits des progressions de la Grande Femme, en vue de se demander ce qu’un tel être pourrait nous apporter. On pourrait aussi faire l’inverse: se servir de la carte de l’équinoxe comme transit sur les cartes progressées, pour nous aider à saisir ce que cette Grande Femme est en marche de nous dire. Aussi bien ajouter tout de suite qu’une telle opération ne prend tout son sens qu’à la condition que nous voyions en la Grande Femme, l’archétype du féminin, voire le visage féminin de la divinité.

Voyons comment le moment de l’équinoxe 2014 peut se comparer avec les cartes de la Guadalupe, d’abord en relevant les points communs ou analogues. On constate que Pluton est en Capricorne, que Neptune et Chiron sont en Poissons pratiquement en transit de conjonction de ces planètes dans le signe natal de la Grande Femme et de l’équinoxe 2014. Il serait possible de tenir compte d’autres aspects entre les planètes. Mais passons. Car je veux ajouter un autre analogue, celui de Vénus en transit rétrograde qui se produit aux 243 ans. Précisons qu’à chaque fois que se produit ce cycle exceptionnel, Vénus fait deux transits rétrogrades séparés de huit ans. Ce qui donne: 1518/1526 et 1761/1769 et 2004/2012. Ces transits vénusiens sont importants dans l’étude de l’image de la Vierge du Mexique tout comme ils l’étaient pour les peuples mayas. Le transit précis de Vénus occultant le Soleil s’était fait quelque cinq ans avant l’apparition, de même qu’il s’est produit près de deux ans avant le présent équinoxe. Cet écart de trois ans environ entre 1526/1531 et 2012/2014 (5-2=3) n’en font pas moins un analogue. En somme, ces analogues laissent croire qu’un potentiel est en voie d’expression. Nous avons précisé l’apport de Pluton, ceux de Neptune et de Chiron, on en parlera bientôt. Je reviens à ma question initiale.

Y a-t-il une explication au fait que le genre féminin est en ébullition, est en effervescence si vous voulez ?

En supposant que le choix du visage féminin de l’Être divin est porteur de signification pour l’ensemble de la communauté féminine, je suggère l’interprétation qui suit. En débutant avec la progression tertiaire, on remarque la triple conjonction de Mars-Mercure-Uranus en Vierge. Les deux planètes de l’action et de la liberté de décision encadrent Mercure le maitre du signe de la Vierge. Il n’y a pas mieux pour enflammer une Vierge, le signe privilégié de la femme, voire de la femme «libérée» ! Cela est d’autant plus pertinent que les trois planètes en Vierge transitent sur les positions d’Uranus et de Pluton quand ils étaient en conjonction vers le milieu des années soixante. Il se trouve que la conjonction initiale de ces deux planètes et leur évolution directe forment actuellement le carré en T avec Pluton pour sommet en Capricorne. Ce n’est pas peu dire. Sur la même carte, le Soleil trône dans le Lion en conjonction de Vénus, planète si importante dans la problématique de la Guadalupe du Mexique. Jupiter est en Taureau et dans le mois de mai dédié à Marie. Il est au sommet d’un carré en T à Pluton et au Soleil-Vénus conjoint. De plus Jupiter est très bien relié par trigone aux trois planètes en Vierge et à Saturne à 23°16’ Capricorne. Saturne retrouve même sa dignité. Quant au degré 26 souvent attribué au divin dans la symbolique des nombres, il est mis en valeur avec la position des quatre antennes cardinales, avec Vénus, Uranus et Pluton au même degré. La dominante planétaire en signes cardinaux de l’année 2014 est en quelque sorte assistée ou renforcée ici par la progression tertiaire de la Grande Femme, ce qui fait songer au soutient providentiel de la Grande Femme. En somme, tous ces facteurs sont autant de signes de l’éveil féminin, de la prise en charge par les femmes de postes sur la place publique, avec un souci d’universalité parfois.

Pour la carte de direction de l’arc solaire: DirectionArcSolaire

Saturne à 20°20’ Balance est doublement exalté étant pratiquement sur son lieu d’exaltation (21°) dans ce signe. Jupiter à 15 degré Poissons (en trône ou exalté) est au trigone de son degré d’exaltation Cancer. Mars en Lion est au trigone de son degré d’exaltation Bélier. Le Soleil lui-même est exalté en Bélier. Certains soutiennent que Uranus est exalté en Scorpion. Neptune est en joie en Cancer. Par contre Pluton et Vénus sont en exil. On peut dire, en raison des dignités multiples et des présences planétaires en signes cardinaux, que cette carte s’inscrit dans la dynamique des signes cardinaux de l’année 2014, touchant les familles (Cancer) et les couples et les lois sociales(Balance). Les Nœuds de la Lune soulignent que l’histoire est au rendez-vous. Est-ce que ce sera pour le meilleur ou pour le pire ? Que penser de la Lune et Pluton en XIIe maison ? La destruction massive ou un soutien providentiel dans l’épreuve. Rappelons-nous que nous sommes dans une époque analogue à celle de la conquête du Mexique où l’on se disputait l’occupation de territoires.


 

 

Conclusion

Pour conclure cet article qui se fait long et trop technique, je veux souligner l’importance prépondérante de Neptune en Poissons dans l’ensemble des cartes examinées.

Déjà lors de la prise de Tenochtitlan, Neptune était à 2°17’R Poissons; lors de la révolution solaire du 21 décembre 2013, Neptune était à 2°59’ Poissons; la même planète était à 23°15’ Poissons le 12 décembre 1531; en progression secondaire Naibod pour le 20 mars 2014, elle est à 28°58’ Poissons; mais la position réelle au moment de l’équinoxe de printemps 2014, est à 5°59’ Poissons. (Note d’un certain intérêt : La Fête anniversaire de l’indépendance du Mexique est le 15 septembre; son degré solaire est 22°40’ Vierge, établi pour 23 h , le 15 septembre 1810; ce degré est un miroir de la position de Mars à 22°33 Bélier de la carte de la Grande Femme)

En raison du mouvement très lent de Neptune qui loge environ 14 ans dans un signe et de ses rétrogradations annuelles, cette planète en progression prend des siècles pour traverser l’étendue d’un signe. Cela explique qu’on retrouve Neptune en Poissons dans quelques systèmes de progression, à l’exception de la progression de l’arc solaire où toutes les planètes progressent au pas du Soleil et pour une autre raison dans les deux progressions tertiaires. Dans les 482 dernières années de progression Naibod, Neptune et Pluton ont chevauché deux signes chacun, mais Pluton n’a parcouru que 16° en fin de Capricorne et début de Verseau, et Neptune en deuxième partie Poissons et début Bélier. Quant à Uranus il aura passé tout ce temps dans le Cancer, tandis que toutes les autres planètes, luminaires compris, auront fait plus d’un tour du zodiaque.

En conséquence, on peut affirmer que les planètes lentes représentent les forces et les significateurs temporels plus durables et collectifs, tandis que les planètes rapides interpellent les individus qui ont des planètes natales ou progressées qui font des aspects ou surtout des conjonctions avec les astres de la Guadalupe. C’est une hypothèse qui demande d’autres confirmations, bien sûr, et il pourrait se trouver des lecteurs pour tenter l’expérience.

Neptune est la planète dominante de l’année pour les Amériques, et pour trois raisons. D’abord, à l’occasion du solstice d’hiver 2013, Vénus-Neptune dominent en Poissons au MC. Deuxièmement, à l’occasion de l’équinoxe de printemps pour les régions de l’heure de l’Atlantique, de l’EST, du Centre, Neptune et les Poissons occupent une position dominante dans la zone du MC. Troisièmement, si on superpose certains thèmes progressés de la Grande Femme ou Guadalupe sur la carte de l’Équinoxe de printemps, plusieurs Neptunes apparaissent dans la zone du MC, n’est-ce pas ?

En traduisant ces positions en langage de signification usuelle, nous arrivons à dire que le monde actuel est à un carrefour de rencontres interculturelles et religieuses qu’on ne pourra pas éviter. Le dieu des mers (l’infini) et le dieu des enfers (l’inconscient) poursuivent encore leur marche en tandem pour libérer des chaines de pouvoir et pour ouvrir les vannes pouvant donner un accès plus direct aux sources de Sagesse. Rappelons-nous que le signe des Poissons est sous la constellation Aquarius. Cela laisse croire que les eaux d’en-Bas du mouvement horizontal sont réceptives des eaux d’en-Haut du mouvement vertical, d’où le fait qu’on ait constaté et souligné l’axe vertical MC-FC/Capricorne-Cancer et l’axe horizontal ASC-DESC/Bélier-Balance. L’ensemble forme la croix cardinale redoublée de l’année 2014 qui débuta avec le Solstice d’hiver 2013.

J’allais oublier Chiron le bon Centaure dont la constellation est représentée sur le manteau de la Guadalupe. Cette planète naine ou astéroïde, dont la durée de rotation est d’environ cinquante ans, est aussi en Poissons actuellement comme elle l’était le 12 décembre 1531 à 14°. C’est un objet céleste qui devrait aussi avoir valeur de « signe ». On dit de lui qu’il fait le relais entre l’orbite de Saturne et celle d’Uranus du fait de son orbite inclinée qui va jusqu’à croiser les deux orbites de Saturne et Uranus. Dans l’ancienne cosmologie, cette zone intercalaire marquait le moment de conversion, d’une mutation associée à un Éveil transcendantal faisant songer à l’Éclair d’Uranus; une mutation associée à un profond sentiment d’Infini propre à Neptune; voire encore l’impression de remonter de l’Inconscient et d'être transfiguré parfois à l’occasion d’une expérience d’Outre-tombe. Il n’y a pas de mal à être touché par l’Esprit.

Les dangers de l’année en cours devraient nous rappeler à l’espérance que le meilleur advienne, comme en toutes circonstances. La Femme de l'Apocalypse est garante des plus Grandes Espérances. Après tout, Celle que j'ai nommée la Grande Femme est son miroir et le signe évident d'une protection providentielle sur l'humanité.

 

Donat Gagnon

©DonatGagnon 20 avril 2014