Apocalypse et cycles cosmiques : en réfléchissant sur 2012

Apocalypse et cycles cosmiques : en réfléchissant sur 2012.

Par Donat Gagnon

 

Le présent article fait suite à celui publié dans l’Astrospirale de l’Équinoxe d’automne 2012, Vol. 3, No 3., et qui s’intitulait : Parmi les mystères de 2012. Les sujets annoncés dans l’introduction laissaient déjà entrevoir le traitement de questions complexes, graves et susceptible d’être perçues contradictoirement.  En raison de la longueur des développements et du manque de temps j’ai dû interrompre mon article, alors que je n’en avais pas complété la deuxième partie de quatre. Je tentais de formuler une problématique de l’Apocalypse de Jean (dernier livre de la Bible) qui puisse entrer en résonance avec le monde actuel, un monde tragique à bien des égards, dangereux et qui pourrait devenir inhospitalier pour des êtres fragiles.

La prophétie comme l’avenir du monde se composent au conditionnel, n’est-ce pas ? Les prophéties comme les prévisions ne se concrétisent pas toujours fatalement comme elles sont annoncées. Heureusement ! Ce sont des avertissements. Les humains peuvent en faire ce qu’ils veulent. Si ça peut les aider à réfléchir et à bien agir, ils s’épargneront certains inconvénients, voire des désastres. Mieux encore, ceux qui découvrent le dynamisme de leur voie propre cessent d’être un fardeau pour les autres. 

Par ailleurs, il est important de se poser la question : Est-ce que l’individu humain est fait pour demeurer éternellement sur terre ? Je souligne individu pour bien faire saisir que je ne parle pas au collectif ou en général. Je parle de tel individu en chair et en os vivant dans un monde matériel. Sa situation dans le monde est-elle sécurisée au point de rêver d’une installation permanente ? Répondre par oui me paraîtrait relever d’un optimisme aveugle, qui veut compenser sa peur de l’inconnu et de disparaître, en rêvant d’utopie mondaine. Par contre une réponse négative à l’hypothèse de s’éterniser sur terre replace l’individu devant le tragique de l’existence. L’homme naturel ou de chair ne porte pas moins en lui l’aspiration à l’Infini, alors qu’il perçoit que le monde est changeant et que les corps vivants se dégradent jusqu’à l’évidence d’une mort. Il en souffre à la pensée que ses identités temporaires sont vouées à l’échec de la disparition. Il me semble que l’Apocalypse de saint Jean illustre avec art cette tragédie en usant d’un symbolisme puissant. On aura beau dire que ce livre énonce les plus grandes espérances. Le lecteur risque d’être ébranlé par le spectacle des luttes acharnées des puissances du mal contre la Beauté du Bien et du Vrai. Par ailleurs, les forces souveraines du monde de l’Esprit sont intraitables pour les malfaisants, et elles ne ménagent pas tellement les meilleures personnes de la souffrance et de la mort, de la persécution à cause de leurs choix spirituels, d’où l’impression d’un tragique général.

La façon d’écrire de l’auteur sacré ouvre une brèche dans la carapace de l’homme naturel. N’est-ce pas son rôle de nous introduire dans la réalité du monde invisible tout en nous permettant de vivre les étapes normales de l’homme de chair. Donc, on peut comprendre que les humoristes se donnent le beau rôle en se moquant de ceux qui s’inquiètent de ce sens du tragique. Mais on peut penser aussi que leur jeu d’esprit « pour faire rire » détourne l’homme de ce qui importe le plus. On veut à tout prix oublier et faire oublier ce tragique de l’existence que Jean a plutôt exalté dans son Apocalypse parce qu’il était conscient de la fragilité de l’être humain et du pouvoir insidieux du mal sur le « roseau pensant », comme le pensait Blaise Pascal. De plus, Blaise comme Jean savaient-ils que la conscience du tragique existentiel pourrait agir sur l’âme et permettre l’émergence de l’Espérance en une Vie supérieure ? Je peux comprendre la gêne de citer ce genre de littérature après ce qu’en ont fait « les penseurs millénaristes de la fin des temps », ou encore de le proposer en modèle d’éclairage pour les questions matérielles qui intéressent la majorité. On passe  certainement à côté de l’intention de ce livre si on le lit au premier degré sans plus.

À différentes périodes de ma vie, j’ai lu ce livre décapant sans en être ébranlé comme je l’ai été cette année. Par cela, je ne veux pas dire que je le rejette ou que j’aie des critiques à proposer. Non, car c’est encore un livre qui peut aider à comprendre les déchirements du monde tout en réconfortant quelqu’un qui accepte de se transformer. La perspective de son propos bouleverse la vision habituelle du temps « chronologique » pour nous faire entrer progressivement dans la verticalité du temps « kaïrotique », ce que certains auteurs, tel Raimon Panikkar, appellent du néologisme « tempiternel ». Ce mot veut rapprocher le sens des deux axes du temps, à la fois le temporel et l’éternel comme deux faces qui ne s'annulent pas l'une l'autre.

Je rappelle que les astrologues sont des interprètes du temps; leur vœu le plus cher est d’entrer dans la profondeur du temps, c’est-à-dire de saisir la vérité vivante au-delà des calculs et des préparations à l’expression juste. La pratique de l’astrologie est un exercice d’incarnation qui tient compte aussi de la dimension spatiale. La carte du ciel natal est construite pour un lieu et un moment précis dont l’individu va manifester la signification au cours des cycles, journalier, soli-lunaire, annuel, et planétaires de sa vie. Les cycles plus longs des planètes, de même que d’autres mouvements par rapport au fond de l’univers, peuvent aussi représenter des civilisations, des périodes géopolitiques, historiques et géologiques, voire même galactiques. Par exemple, l’astronomie traditionnelle connaît les 12 Ères de 2160 ans en moyenne d’un cycle de précession de 25 920 ans. Le Compte long de 5 200 ans des Mayas est un autre exemple qui mérite d’être présenté au moins sommairement. Ces derniers ont une conception du temps des plus originale, à la fois élargie par la considération de l'espace et profonde par la considération des états de conscience. Ils ont compris que le temps n'est pas exclusivement linéaire, mais aussi circulaire ou spirale, concentrée et reliée à un centre.

Il y a une quinzaine d'années lors d'un congrès de fin de semaine, j'ai vécu un moment qui m'a révélé un intérêt que je portais plus ou moins consciemment et qui s'est exprimé par deux questions que j'ai posées à la table voisine, alors que mon ami et moi nous étions en train de déjeuner dans un mutisme monastique. Il faut croire que la conversation des quatre personnes de la table d'à côté avait soudainement pris toute notre attention. On y parlait de développement social en Amérique latine. Il me semblait que la qualité de la discussion était celle d'intellectuels engagés et probablement religieux. J'ai senti monter en moi une première question que j'ai lancée dans la mêlée au cours d'un silence d'une seconde : À l'époque de la conquête du Mexique, est-ce que les religieux qui accompagnaient les conquérants ont remarqué que les Aztèques connaissaient déjà la Transcendance ? Sans la moindre hésitation l'aîné des quatre me répondit : Oui, ils connaissaient la Transcendance. Ma deuxième question suivit immédiatement : Est-il vrai que les Franciscains permettaient aux Indiens de placer leurs représentations divines sous les autels lors des offices religieux catholiques ? La réponse fut tout aussi affirmative. Peu de temps après trois personnes ont quitté la table, mais le plus jeune des quatre est demeuré pour échanger avec moi. Il m'apprit qu'ils étaient quatre jésuites et que celui qui avait répondu à mes deux questions, était le général des jésuites. Vous comprenez que l'avoir su d'avance aurait eu l'effet de calmer mon élan. Ensuite, le jeune jésuite m'a dit et rappelé à deux ou trois reprises que j'avais fait preuve d'une audace exemplaire en posant ces questions, eu égard au personnage, qui lui ont permis d'entendre ce qu'il souhaitait entendre, tout en considérant la haute estime qu'il avait pour les Amérindiens de la Bolivie lieu de sa mission. Ce genre de rencontre ouvre les yeux et la motivation, je vous l'assure.     

Les études effectuées sur les civilisations des Mayas, des Toltèques et des Aztèques révèlent que ces peuples avaient des connaissances mathématiques et astronomiques surprenantes. À une époque pas si lointaine, on pensait encore qu’ils étaient des primitifs qui ne connaissaient même pas l’usage de la roue. Ce genre de méprise se produit à chaque fois qu’on se met à comparer la supériorité de notre civilisation technique. On oublie que d’autres civilisations ont pu développer des types de technologie et des moyens de connaissance simplement différents, pour aboutir à des résultats surprenants et quelquefois comparables à ceux de notre science. Par exemple, les Mayas, et c’est la même chose pour les Aztèques, connaissaient et utilisaient l’année solaire qu’ils évaluaient à 365.2420 jours par année; notre année grégorienne a une durée de 365.2425 par année; tandis que la science actuelle reconnaît 365.2422 comme durée la plus précise. Il semble qu’ils n’étaient pas si mauvais en calcul, ces Mayas ! On aura compris ici que la durée annuelle est de 365 jours et un peu moins d’un quart de jour dans les trois cas, ce qui explique l’année bissextile qui revient à tous les quatre ans. Quant à nous, nous  utilisons presque exclusivement un calendrier solaire établi à partir de la durée de l’année solaire. On ignore parfois que de multiples calendriers existent encore aujourd’hui pour des usages rituels et autres à travers le monde.

Pour leur part, les Mayas et les Aztèques avaient plusieurs calendriers qu’ils utilisaient pour des buts spécialisés, des calendriers qui s’adaptaient aux contextes de leurs besoins. Par exemple, ils en avaient un qui reposait sur la durée du jour mais dont le cycle complet était de 260 jours, au lieu de 365.2420. On le considérait comme sacré de même qu'aujourd'hui encore comme tel puisqu’il est toujours en usage dans certaines circonstances et chez de nombreuses nations indiennes des Amériques. On l’appelle le « Tzolkin ». Certains disent que les 260 jours de son cycle s’expliquent par le temps moyen de la gestation de la femme. Cela peut être intéressant pour les questions touchant la biologie humaine; je suis porté à le croire. Mais ce nombre 260 est aussi le produit de 20 x 13, deux nombres clés de leurs combinaisons cycliques et symboliques pour ce calendrier de 260 jours, également pour un autre de 360 jours. Leurs différentes grandeurs cycliques se composent respectivement sur des multiples de ces deux nombres. C’est une vision du temps qui nous sort de la vision linéaire de notre calendrier habituel. J’ajoute que leur arithmétique repose sur une base 20, au lieu de 10 pour la nôtre. Quand nous additionnons des nombres, le chiffre des unités va dans la colonne de droite et ne dépasse pas neuf; ce qui dépasse neuf va dans la colonne des dizaines jusqu’à concurrence de neuf, et ainsi de suite pour les centaines et les milliers…

Voici venu le temps d’illustrer le calendrier tel que le voit Carl Johan Calleman dans deux tableaux que Barbara Hand Clow a repris dans son Code secret : 2012 la fin d’un monde, pp 86-89. (Rochester, Vermont 05767, Bear & Company pour l'édition américaine; et traduit et adapté par Éric Grelet pour l'éditions française, © Éditions Alphée, Jean-Paul Bertrand, 2007) :  

 

Nom maya de la période   Temps cosmique spirituel   Temps physique terrestre

KIN                                    1 KIN                                   1 JOUR

UINAL                                20 KINS                             20 JOURS

TUN (20X18)                     1 TUN                                 360 JOURS

KATUN                              20 TUNS                            7 200 JRS OU 19,7 ANS

BAKTUN                           202 TUNS                           144 000 JRS OU 394 ANS

PIKTUN                            203 TUNS                            2 888 000 JRS OU 7 900 ANS

KLABTUN                        204 TUNS                            158 000 ANS

KINCHILTUN                   205 TUNS                             3,15 MILLIONS D'ANNÉES

ALAUTUN                       206 TUNS                              63,1 MILLIONS D'ANNÉES

HABLATUN                     207 TUNS                             1,6 MILLIADRS D'ANNÉES

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Les données de ces deux tableaux, selon Johan Calleman se retrouvent dans les gradins des pyramides du Mexique.

Inframonde   Temps cosmique spirituel  Temps terrestre physique  Phénomène de départ  Datation scientifique

UNIVERSEL      13X20 KINS                            260 JOURS                                     ?

GALACTIQUE   13X200 TUNS (360 JRS)       4 680 JRS (12,8 ANNÉES)              ?

PLANÉTAIRE    13X201 TUNS                         256 ANS                                INDUSTRIALISATION      AD 1769

NATIONAL         13X202 TUNS                         5 125 ANNÉES                     LANGAGE ÉCRIT            3 100 AV. J.-C.

RÉGIONAL        13X203 TUNS                        102 000 ANS                         LANGAGE PARLÉ           100 000 ANS AV. J.-C.

TRIBAL              13X204 TUNS                         2 000 000 ANS                     PREMIERS HUMAINS     2 000 000 ANS

FAMILIAL           13X205 TUNS                         41 000 000 ANS                   PREMIERS PRIMATES    40 000 000 ANS

MAMMALIEN     13X206 TUNS                         820 000 000 ANS                 PREMIERS ANIMAUX      850 000 000 ANS

CELLULAIRE     13X207 TUNS                        16,4 MILLIARDS ANS           MATIÈRE BIG BANG       15 À 16 MILLIARDS ANS

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Cela me rappelle encore les spéculations du philosophe Platon (427-347 avant Jésus-Christ) sur les nombres symboliques. Ses recherches mathématiques l’avaient mené à découvrir des propriétés spéciales à cinq polyèdres réguliers qui peuvent inscrire respectivement deux sphères à l’intérieur et une sphère à l’extérieur. Ces solides occupent des volumes; ils ont des arêtes, des sommets et des faces. Le solide le plus simple «le tétraèdre» a quatre (4) faces, le suivant (l’hexaèdre) a six (6) faces, le troisième (l’octaèdre) a huit (8) faces. Je vous laisse le soin d’imaginer la forme du volume qu’ils occupent respectivement. Les deux autres qui nous intéressent particulièrement ont douze (12) faces pour le «dodécaèdre» et vingt (20) faces pour «l’icosaèdre». Mais si on additionne le nombre d’arêtes, de faces et de sommets pour chacun des deux derniers solides, on constate que leur somme respective est de 62 unités. Platon faisait un rapprochement entre ceux-ci et la forme de l’univers qu’on imaginait sphérique. Ces deux solides peuvent aussi s’inscrire l’un dans l’autre. Le dodécaèdre convient bien pour représenter la structure zodiacale à douze signes, tandis que l’icosaèdre est une structure sphérique encore mieux définie convenant pour regrouper encore plus d’éléments de l’univers. Entre autres éléments, je pense à celui qui pourrait être survenu lors d'un grand cataclysme qui aurait ébranlé la Terre et provoqué le développement de plaques tectoniques qui, d’après des scientifiques, épousent la forme des faces de l’icosaèdre. (Cf. le livre de D. S. Allan «historien scientifique» et J. B. Delair «géologue et astronome», publié en 1997: Cataclysme ! Compelling Evidence of Cosmic Catastrophe in 9 500 B.C.N’est-il pas surprenant d’apprendre que, chez les Cherokees, la science de la Terre est appelée "médecine-tortue" (Barbara Hand Clow est de cette origine) ? Leur Tortue symbolique a 20 faces sur sa carapace. Ce symbole pourrait être, selon elle, le souvenir de la dislocation de la Terre dans un grand cataclysme. Quant au nombre des faces sur la carapace des tortues réelles, c'est autre chose; les indiens connaissent mieux que quiconque l’existence de centaines de variétés de tortues et ils savent que le nombre de faces de leur carapace varie en fonction de leur âge.

Pour résumer ceci, nous disons que les Anciens avaient cette capacité d’être simple, englobant et pratique à la fois. On en voit des applications dans l’architecture où manifestement ils utilisaient des valeurs numériques et symboliques qui leur ont permis de réaliser des œuvres de beauté qui tiennent encore debout. Par cette référence à Platon, je voulais souligner la valeur primordiale qu’il reconnaissait au 20. Ce chiffre, comme je l’ai souligné dans les paragraphes précédents, se trouve valorisé dans l'arithmétique et les combinaisons cycliques des Mayas pour élaborer leur calendrier des temps ou des cycles multiples, et peut-être même pour la structure de la Terre. (Pour compléter la référence des deux tableaux, se reporter à Carl Johan Calleman dans The Mayan Calendar and the Transformation of Consciousness. Rochester, Vermont, Bear & Company, 1987. Ces tableaux ont été repris par Barbara Hand Clow dans son livre Le Code Maya : 2012 la fin d’un monde. pp. 86-89. (Adaptation en français par Éric Grelet, Éditions Alphée, Jean-Paul Bertrand, 2007)

Quelques corrélations entre le dernier livre de la Bible : l'Apocalypse de Jean et cycles cosmiques

Comme nous sommes dans les chiffres, je pense qu’il est opportun de faire un rapprochement entre le cycle de 360 jours (tun) des Mayas et l’usage d’une numération symbolique semblable par l’auteur de l’Apocalypse. Effectivement, dans ce livre : tantôt on parle d’une période de 1260 jours (Ap. 11.3 et 12.6), et tantôt d’une période de trois ans et demi; on parle aussi de trois jours et demi (Ap. 11.9 et 11.11); il y a cette autre façon de formuler : un temps, des temps et la moitié d’un temps. Si nous divisons le chiffre 1260 se rapportant à des jours par 3.5, nous obtenons 360 jours, qui est l’année de 360 jours (tun) qui sert de base au Compte long du calendrier maya. Dans un autre passage de l’Apocalypse, on parle d’une période de 42 mois. Quarante-deux mois de 30 jours donne bien 1260, n’est-ce pas ? Ce ne sont donc pas les mois de notre calendrier solaire, mais d’un cycle de 360 jours.

Quant au chiffre de 144 000 pour désigner le nombre symbolique des élus, il est manifestement associé au nombre 12 élevé au carré et multiplié par 1000. C’est aussi un multiple de 360. 144 000 divisé par 360 = 400, soit le «baktun» correspondant au treizième du Compte long de 5 200 ans. Converti en années solaires, le «baktun» vaut 394 ans, et le Compte long vaut 5125 ans. Ce Compte long est aussi appelé un «Soleil» dans la Tradition maya. La fin d’un tel cycle signe aussi le commencement d’un «Soleil», nouveau et jamais identique dans le contexte du temps qualifié. Cela nous ramène à 2012 et à la signification qu’on peut en tirer. Les chercheurs crédibles parmi les Mayas et autres soulignent que c’est de la fin d’un âge qu’il s’agit et de la naissance de nouveaux espoirs. On voit qu’il y a place à l’interprétation et même à la spéculation sur la date de début de cycle. Pour des raisons astronomiques, le 21 décembre est un moment astronomique bien choisi, mais on pourrait se tromper sur l’année. En ce 21 décembre 2012, cela n’a pas empêché les Amérindiens du Mexique de célébrer l’action de grâces pour clore le cycle actuel et exprimer l’espérance d’un passage harmonieux dans un nouveau cycle, un nouveau «Soleil».

Par ailleurs, le Zodiaque de Dendera, trouvé en Égypte et amené au Louvre au XIXe siècle, est un artéfact rare, une énorme pierre remplie de signes astronomiques, qui aurait été érigée vers 140 avant J.-C. et qui servait de plafond d’une salle souterraine sous le village de Dendera. Son intérêt pour les chercheurs est qu’elle porte des inscriptions et des images fournissant des informations astronomiques précieuses pouvant remonter à 11 500 ans environ. D’après certains érudits astronomes, tel John Lash (dont on pourra trouver une collection d'article sur Google) certains indices permettraient de situer le moment de la fin et du début du grand cycle de précession de 25 920 au moment précis de l’alignement du Soleil au Méridien du 21 décembre sur le Centre galactique. D’après Lash, une telle éventualité pourrait survenir dans deux cents ans environ. Ce qui vient contredire le fait accompli pour la Marine anglaise et la Marine américaine, qui ont déjà célébré l’événement en 1998. Je me suis moi-même intéressé à cette question quand j’ai lu les ouvrages d’Albert Slosman portant sur l’Astronomie selon les Égyptiens et le Zodiaque de Dendéra. Une chose est évidente: si on a ciselé avec autant de finesse une pierre d’aussi grande taille pour en faire une partie d’un plafond, c’est qu’on estimait que le message était important pour la peine. Selon les études menées par John Lash, l’indication du moment fatidique d’une catastrophe étant survenue vers 9 500 avant. J.-C., est bien indiquée sur le planisphère. Sur le Zodiaque de cette pierre de Dendera, remarque-t-il, on voit que la flèche du Sagittaire est dirigée sur une étoile de la constellation du Scorpion, sous son dard. Mais par la pointe de cette flèche passe un axe qui relie le Centre Galactique et le centre du Planisphère. Cette ligne arrive sur le pied d’un «chacal» et à la croisée perpendiculaire d’un axe reliant la constellation des Poissons et l’étoile Spica de la constellation de la Vierge. Le lecteur voulant satisfaire sa curiosité peut facilement trouver des images de ce planisphère en passant par Google/zodiaque de Dendera.

Ce que je retiens de l’alignement en question et qu’il faut considérer : d’abord il y a quatre constellations zodiacales qui traversent la Voie Lactée (plus densément peuplé d’étoiles) à deux endroits : d’abord les constellations du Taureau et des Gémeaux, ensuite les constellations du Scorpion et du Sagittaire. Ces deux croisements horizontaux forment des croix avec la Voie Lactée qui représente le mat vertical. C’est derrière le croisement Scorpion-Sagittaire qu’est sensé se trouver le Centre Galactique qu’on ne voit pas en raison de cette zone densément peuplée d’étoiles. Mais la position en longitude écliptique est tout de même connue puisqu’on la publie. Le CG approche le 27° Sagittaire en longitude tropicale. Pour qu’il y ait un alignement qui s’accorde avec la symbolique astrologique, il faudrait que le Centre Galactique soit conjoint avec un point qui symbolise le commencement et la fin, tel la cuspide de la maison IV, mieux représenté ici par 0° Capricorne. Par conséquent, il manque trois degrés de précession pour atteindre ce point du Solstice d’hiver, le plus bas du cycle annuel (Trois degrés à raison de 71,7 ans chacun donnent 215 ans). Selon John Lash, ce point pourrait probablement être le point de fermeture et de départ du grand cycle de 25 920 ans. Je ne suis pas équipé pour vérifier son hypothèse des 215 ans restant pour rejoindre le point précis du Centre Galactique. Cependant ce que je trouve de plus important m’est inspiré par deux sources, celle d’Albert Slosman, et celle de Barbara Hand Clow qui dit que le but qui motive son livre Le Code Maya : 2012 la fin d’un monde, est de «découvrir la raison de cette division du temps en 360 jours». Je crains d’ébranler un grand monument, celui du fameux 25 920. Sur quel fondement repose cette valeur numérique ? Réponse : sur le fait largement démontré de l’inclination de la Terre par rapport au plan de l’écliptique solaire et de la précession des équinoxes qui en découle. Si l’inclinaison de la Terre était modifiée, on pourrait s’attendre à ce que la valeur 25 920 soit modifiée. Et si la Terre subissait un déplacement de 23° 27’ sur son axe, ses pôles prendraient une position perpendiculaire au plan solaire et il n’y aurait plus de saisons tel qu’on les connaît. Par ailleurs, les astronomes savent très bien que la vitesse du mouvement de précession n’est pas uniforme et que le degré d’inclinaison n’est pas absolument constant. Mais voici le point le plus important.

Albert Slosman avait souligné dans ses livres qu’il s’est produit un Grand Cataclysme vers 9500+ ans avant J.-C., cataclysme qui avait touché la Terre entière, l’aurait considérablement détruite et aurait frappé d’amnésie les petits nombres d’humains qui ont survécu. De même pour Barbara Hand Clow, ils furent frappés d’amnésie et ils sont restés traumatisés par l’événement. L’oubli n’est pas toujours un bon moyen pour se délivrer de nos blocages, n’est-ce pas ? Le philosophe grec Platon qui était allé en Égypte pour y être initié raconte dans son Timée qu’un prêtre de Thaïs (Thèbes) lui avait parlé d’un événement catastrophique qui avait frappé un très grand territoire terrestre au delà de 8000 ans auparavant. Il précisait même que le mouvement de la Terre et l’apparence du ciel, avaient été modifiés.

Finalement, pour les raisons que je viens de fournir, je crois qu’il n’est pas nécessaire de mettre dans le même panier les données du grand cycle de la précession et la doctrine des âges conçue à la manière des Mayas. S’il est vrai qu’on a senti le besoin de s’intéresser intensément à la création de nouveaux calendriers vers le quatrième millénaire avant J.-C., c’est parce qu’on en a senti un urgent besoin de s’ajuster à une nouvelle situation. Les deux façons de mesurer le temps sont vues actuellement comme des incompatibilités et des occasions de disputes. Pourtant, il me semble que nous devrions renouer avec les connaissances possibles des deux approches. Par exemple, si on a bien examiné les tableaux de Carl Johan Calleman, on aura remarqué que sa conception ou sa vision du calendrier maya recoupe étrangement des âges de la création jusqu’au Big Bang. Il y a là, me semble-t-il, une clé qui a peut-être, consciemment ou non, éclairé les paléontologues et les cosmologistes scientifiques. Puis, quant à notre système de datation, on s’en contente actuellement parce qu’il est commode, on s’y est bien habitué et on y a incorporé tous nos systèmes de communication et de mesures. Mais tout cela fait aussi partie de la fragilité de tout ce qui est dans le monde. Par ailleurs, l’horloge du cosmos aurait beau nous émerveiller par sa régularité et ses rendez-vous prévisibles, cela ne nous dit pas nécessairement à quoi il faut s’attendre en terme d’événement.

Finalement le départ d’un nouveau cycle pour les Mayas, au sens où ceux-ci semblent le comprendre, a-t-il vraiment besoin de s’aligner sur le grand cycle de la précession ? Je crois qu’ils ont besoin d’aller jusqu’au bout des possibilités de leur système du temps et des états de conscience. La folie des hommes a souvent été la cause de la perte d’enseignements précieux au cours de l’histoire ancienne. N’est-il pas le temps de penser à recueillir tout ce qui est bon plutôt que de continuer de détruire au nom du meilleur ? Je crois aussi qu’il faudrait questionner sérieusement les véritables intentions des scientifiques et de tous ces érudits et mythomanes, sans tomber dans des formes d’inquisitions qu’on a dénoncées moult fois.

Nous avons attiré l’attention sur le Centre Galactique. C’est aller bien loin, dira-t-on pour trouver son Centre. Personnellement, je crois que le Centre peut être expérimenté au plus intime de nous-mêmes. Pourquoi donc le chercher à l’extérieur ? Des scientifiques astrophysiciens ont reconnu en 2003 que le Centre Galactique était un trou noir. L’exploration du monde à grande échelle pose plus que jamais la nécessité de porter attention sur les états de la conscience. À l’extérieur, tout est signe. Mais les signes compris dans leur saveur symbolique, sont des acquis de conscience. Passer par un trou noir ne sera jamais possible par un corps matériel, mais à la Conscience ou à l’Esprit tout est possible. Que des civilisations aient tenté d’expérimenter ce genre d’expérience de passer par le Centre a de quoi surprendre, n’est-ce pas ? On ne parle pas ici de moyens techniques de transport, mais de moyens spirituels que de nombreux mystiques ont fait signe d’avoir expérimentés.

Je ne voulais pas vous étourdir avec des chiffres, mais simplement dire qu’il y a de sympathiques rapprochements entre les calendriers des Mayas et le texte même de l’Apocalypse de Jean. Philippe Plet affirme dans son livre Les Grandes énigmes de l’Apocalyse: La clé des symboles (Paris, Salvador, 2011), que Jean a utilisé un système de nombres symboliques original qui lui est propre. Je placerais son originalité dans la qualité et la profondeur de ses interprétations. C’est un livre choc absolument remarquable. Quant à son système de nombres symboliques, je crois qu’il l’a plutôt emprunté à un calendrier existant déjà dans l’Antiquité. Un tel calendrier de 360 jours, il était connu des Égyptiens et des Hindous, comme on le constate chez les Mayas. Par conséquent, il est possible que saint Jean en ait eu connaissance et l’ait choisi pour ses nombres symboliques. Sinon, il faudrait que sa source d’inspiration l’ait mis en contact avec d’autres connaissances traditionnelles appelées à se rencontrer. C’est possible qu’il en soit ainsi. Un événement qui s’est passé au Mexique en 1531 semble le confirmer. C’est ce que nous allons examiner dans la prochaine partie de cet article.

Donat Gagnon,

La version déposée sur ce site le 25 décembre 2012 a été légèrement amendée et enrichie ce 2 janvier 2013.

 

P. S. On pourra bientôt lire la suite de cet article sur le site d’Orian.

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Réactions et commentaires :
1. Bonjour Donat,

Félicitations pour ton article sur l'Apocalypse et cycles cosmiques.
J'ai été comblé par cette lecture.

De plus un passage m'a interpellé car j'avais lu sur ce sujet:
Le philosophe grec Platon qui était allé en Égypte pour y être initié raconte dans son Timée qu´un prêtre de Thaïs (Thèbes) lui avait parlé d´un événement catastrophique qui avait frappé un très grand territoire terrestre au delà de 8 000 ans auparavant. Il précisait même que le mouvement de la Terre et l´apparence du ciel, avaient été modifiés.

En effet, Albert Slosman en avait parlé dans "le Grand Cataclysme"et aussi dans "La Grande Hypothèse" surtout lorsqu'il fait référence à "Les rescapés de L'Ahâ-Men-Ptah"

Bravo pour ce magnifique texte.
Jean-Luc

2. J'ai lu ton texte et je t'en remercie. J'espère qu'il soulèvera beaucoup d'intérêt au Québec et ailleurs.
André D.

3. Tout d'abord, bravo pour cet excellent article solidement documenté, et où le philosophe-écrivain nous amène à réfléchir sur la relation entre systèmes de temps et états de conscience !
Carole, L.

4. Merci pour votre article si intéressant.
Jean C.