Uranus carré Pluton ou l'émergence de structures dissipatives

Uranus carré Pluton ou l’émergence de structures dissipatives

Par Éric Brown

 

« Lors de transits, nous pouvons soit choisir d’avancer ou, inconsciemment, générer des circonstances ou des événements qui nous donneront l’impression que ce sont ceux-ci qui nous obligent à changer. »

 

 

PREMIÈRE PARTIE

 

En 1977, Ilya Prigogine a remporté le prix Nobel en chimie pour avoir démontré la capacité de certains systèmes chimiques de se régénérer à des niveaux plus élevés d'auto-organisation (théorie des structures dissipatives).  Il a ainsi montré qu'il était possible pour tous systèmes de réagir à des désordres en donnant naissance à de nouvelles formes supérieures d'ordre.

 

S’appuyant sur cette théorie, Howard Sasportas, dans son livre The Gods of Change, mentionne que tout système ouvert se trouve soumis à un échange continuel d’énergie, sous une forme ou une autre, avec l’environnement.  Étant ouverts, ces systèmes sont caractérisés par un certain degré de fluctuation, c’est-à-dire qu’ils sont vulnérables aux différents types d’énergie qui y pénètrent.  (L’être humain constitue un tel système, une société également.)

 

Si les perturbations pénétrant un tel système ouvert demeurent à l’intérieur de certaines limites, les propriétés autorégulatrices du système lui permettent de maintenir sa fonction globale et son identité.

 

Donc, des perturbations externes ou internes peuvent, périodiquement, venir ébranler nos vies, mais à condition que ces perturbations ne soient pas trop grandes, la nature homéostatique (stabilisation des différentes constantes physiologiques chez les organismes vivants) de notre ego permettra de nous ajuster à ces fluctuations sans avoir à réellement modifier notre façon de vivre. Nous faisons alors des changements mineurs et demeurons sensiblement le même.

 

À titre d’exemple, si notre conjointe infirmière décide de suivre un cours de photographie une fois semaine à l’heure du souper et des devoirs des trois enfants, nous pouvons maintenir la dynamique actuelle de notre couple et de notre vie familiale sans trop de difficulté.  Mais si cette même conjointe décide de changer de quart de travail (8h à 16h), pour un quart de fin de journée (16h à minuit) parce qu’elle a la possibilité d’y devenir infirmière en chef, la vie du couple devra être revue et réorganisée en profondeur, ne pouvant pas, de toute évidence, se contenter d’une solution mineure ou provisoire à ce qui arrive.

 

Ce que je veux faire ressortir par cet exemple, c’est que tout système peut composer avec une certaine quantité de perturbations et ne pas s’effondrer complètement, mais il y a des limites.

 

En effet, si les fluctuations et les perturbations pénétrant un système ouvert s’accroissent au-delà d’une certaine limite, elles vont propulser le système dans un état de «chaos créatif». Ce qui était là avant et ce qui préalablement fonctionnait correctement ne peut plus continuer de la même façon parce que le système est obligé d’assimiler et d’accommoder une influence perturbatrice trop grande pour continuer à survivre selon son vieux format et une crise se manifeste. Si le système veut le moindrement continuer à survivre, un nouvel ordre des choses devra être établi.

 

En d’autres mots, l’effondrement du système lui permet de se réorganiser de manière totalement nouvelle. Une telle transformation s’inscrit alors dans une dynamique de croissance. Et c’est justement là l’injonction qui nous est fait par les carrés d’Uranus (révolution) à Pluton (évolution) et que nous pourrions interpréter comme une demande de réforme accélérée de nos structures sociale, politique et financière qui ne sont plus conforment à l’esprit du temps. Uranus en carré à Pluton, rappelons-le, s’interprète comme la nécessité de s’affranchir collectivement et individuellement.

 

C’est ce qu’a compris le gouvernement de Jean Lesage quand il a décidé d’entreprendre ses grandes réformes dans les années 60, soit pendant la période de la conjonction Uranus/Pluton.

 

«La Révolution tranquille est une période de changements rapides vécue par le Québec de 1960 à 1966, dans tous les secteurs d'activité et dans toutes les régions. Sous la direction de Jean Lesage, le Québec élabore un programme résolument réformiste. Le thème central de la campagne électorale de son parti est illustré par le slogan libéral « C'est le temps que ça change ». (http://www.thecanadianencyclopedia.com)

 

«L'explication première habituellement fournie pour cerner l'origine de la Révolution tranquille est de nature économique. La poussée d'industrialisation du Québec survenue pendant la Deuxième Guerre et les années 50 aurait fait basculer le Québec francophone dans le monde moderne. Les valeurs conservatrices qui l'animaient jusque-là dans une société rurale devenaient complètement inadaptées à l'univers industriel.» (http://www.hst.umontreal.ca)

 

Revenons à aujourd’hui !  N’importe lequel parmi nous qui s’est intéressé depuis ces trois dernières années aux manifestations potentielles du carré croissant d’Uranus-Pluton a surement déduit que la crise étudiante vécue au Québec ces derniers mois dépasse largement la seule cause étudiante. Et, il faut bien comprendre ici que les effets dissipatifs (qui produit de l’énergie) déstructurant d’Uranus-Pluton sont loin d’être terminés (le premier des 7 carrés se faisant le 24 juin 2012) et ces effets ne se limiteront certainement pas au seul Québec.

 

Il en va et il en ira de même dans la vie de plusieurs d’entre nous. Quand celle-ci progresse en douceur, nous ne voyons aucune raison de changer.  C’est habituellement quand les choses commencent à aller tout croche, quand nous expérimentons des contrariétés importantes dans l’une ou l’autre sphère de notre vie, ou que certaines situations deviennent intolérables que nous commençons à envisager faire des changements (selon aspects, maîtres, signes et maisons).  Nous sommes, pour plusieurs d’entre nous, ainsi faits.  Mais pour les autres, pourquoi ne pas prendre les devants et commencer à changer ce qui doit l’être dans nos vies?

 

Le monde extérieur est censé être le reflet exact de notre monde intérieur;  si nous voulons que les choses changent de manière créative et empreinte de sagesse, ne devrions-nous pas commencer par regarder ce qui se passe dans notre propre cour arrière et faire le ménage et les changements qui s’imposent?  Et je ne dis pas que ce sera facile, mais au moins ce sera fait en conscience de ce qui devrait être !


«La conscience est la capacité de se percevoir, s'identifier, de penser et de se comporter de manière adaptée. Elle est ce que l'on sent et ce que l’on sait de soi, d’autrui et du monde. En ce sens, elle englobe l’appréhension subjective de nos expériences et la perception objective de la réalité. Par elle, enfin, nous est donnée la capacité d’agir sur nous-mêmes pour nous transformer.» (http://www.psychologies.com)

 

 

DEUXIÈME PARTIE

 

Bon! J’avais l’intention de terminer cet article avec cette dernière citation et éviter le plus possible toute forme de prédiction relative aux 7 carrés d’Uranus à Pluton, mais trois textes lus ces derniers temps m’incitent à revoir cette position.

 

J’ai déjà dit, lors d’une conférence, reprise quelques fois en 2009, que les changements de paradigmes à venir, suite aux transits d’Uranus à Pluton, seraient principalement dus à des événements de nature écologique et économique.  J’aborderai ici la dimension économique, ayant déjà abordé la dimension écologique dans cette conférence de 2009.  En fait, je ne ferai que citer trois auteurs.  À vous de tirer vos propres conclusions, et peut-être suggérer, pourquoi pas, dans de futures astrospirales, ce que nous pourrions faire au Québec, individuellement ou collectivement pour nettoyer notre cour arrière en regard de ces trois extraits.

 

Quant à moi, je pense que les 7 transits Uranus/Pluton nous obligeront à prendre conscience que nous sommes tous liés les uns aux autres et interdépendants des uns et des autres, comme c’est le cas pour les organes du corps humain.  Si l’un de ces organes décide d’agir par lui-même (cancer), ce n’est certes pas de bon augure pour l’organisme entier.  Nous pourrions peut-être réfléchir davantage à cette analogie.

 

Ma première référence est de l’astrologue et analyste de marché, Raymond Merriman, extraite de la revue The Mountain Astrology de juin et juillet 2012.

 

Merriman mentionne dans cet article que c’est en 2012, que nous commencerons à vivre les conséquences les plus sérieuses de l’explosion de la dette mondiale. Mais, toujours selon lui, le plus gros de la crise économique qu’il anticipe va survenir suite au grand carré du mois d’avril 2014, grand carré formé au 13e degré des signes cardinaux, par les planètes Pluton (pouvoir, contrôle, manipulation, régénération), Uranus (imprévu, rébellion, libération, conditions nouvelles), Jupiter (bourse, marché financier, agents de change, richesse, expansion) et Mars (affrontements, témérité, agressivité).

 

Les deux prochains auteurs ne sont pas des astrologues, mais des personnes qui œuvrent dans le domaine de l’économie. Je cite des extraits de leurs articles parus dans le Journal La Presse des 2 et 9 juin 2012, extraits qui viennent corroborer les dires de Raymond Merriman.

 

Le premier, Martin Coiteux, est professeur au service de l'enseignement des affaires internationales aux HEC à Montréal.

 

« En même temps, en dehors de notre île, les nuages sont en train de s'accumuler et le tonnerre s'apprête à gronder. La croissance est de nouveau en berne aux États-Unis et l'Europe pourrait bientôt imploser dans une crise financière encore plus grave que celle de 2008. Cette fois, les pays émergents ne pourront sauver la mise, car chez eux aussi, les feux sont en train de passer au jaune, quand ce n'est pas carrément au rouge. Vus de notre île, ces événements nous apparaissent bien lointains. Pourtant, ils pourraient bientôt vouloir dire la montée du chômage, le décrochage du marché immobilier et à sa suite, celui du secteur de la construction. En d'autres termes, cela pourrait se traduire par une nouvelle récession, quatre ans seulement après la précédente et alors que nous avons utilisé, lors de cette dernière, toutes nos cartouches. »

Le deuxième, Sylvain Goulet, est vice-président principal et conseiller en placement dans une grande firme nationale.

 

« Au cours des dernières décennies, grâce à une disponibilité du crédit abondante, les individus et les nations, les Québécois et le Québec, ont vécu au-dessus de leurs moyens. La fin d'un supercycle de surendettement risque de s'accompagner de crises sociales bien pires que celle que nous vivons maintenant. (…)  Le paiement de vos dettes devrait être plus important que la surconsommation: êtes-vous prêts à faire face à une baisse de la valeur de votre propriété de l'ordre de 30% et à une augmentation très rapide du chômage, comme des milliards d'autres êtres humains les ont vécues depuis quatre ans? De croire que nous sommes plus brillants et plus rusés que les Grecs, les Irlandais, les Portugais ou les Américains, pour ne nommer que ceux-là, n'est que du déni. »

 

Bonne réflexion en conscience,

 

Éric



COMMENTAIRES DES VISITEURS DU SITE D'ORIAN :

1. Très bon article, les exemples sont très explicites. Merci. (Renée Lebeuf)