Le rôle des planètes dans le processus artistique

Le rôle des planètes dans le processus artistique

La première et la dernière ultime artiste est Vénus parce qu’elle illustre et recrée inlassablement la règle d’or avec le Soleil. Celle-ci s’exprime par l’équation √5 +1, le tout divisé par 2 = 1.1618 (Voir Astrologie stellaire et mythologique, 1996, p.49). Nous savons pour la plupart que ces deux astres dessinent un pentagramme par leurs 5 conjonctions alternativement inférieures et supérieures à des distances équivalentes à ses pointes et ce en 4 ans, donc à tous les 9 mois (cette parenté entre le rapport de la section dorée et tout schéma graphique à symétrie pentagonale dérive algébriquement que le rapport de celle-ci, phi, est égale à (√5 +1) / 2. Or ce nombre est aussi égal au rapport entre la diagonale du pentagone régulier et son côté, et entre le rayon d’une circonférence et le côté du décagone régulier inscrit (p.34, Matila Ghyka, Essai sur le rythme, Gallimard). Ce rapport existe entre les deux parties d’un tout (par exemple entre les segments a et b dont la somme correspond au segment c; il détermine entre le tout et ses parties une proportion telle que « le rapport entre la plus grande des deux parties et la plus petite est égale au rapport entre le tout (la somme des deux grandeurs considérées) et la plus grande. Cette proportion récurrente dans tout schéma basé sur le pentagone et sa parenté avec la série de Fibonacci, ce rapport se retrouve dans les courbes de croissance des êtres vivants, spécialement en phyllotaxie (étude des branches, feuilles, semences) et dans les proportions du corps humain (idem, p.39). La récurrence de cette loi s’illustre dans le fait que repliant les côtés du pentagone, on recrée un pentagone et ce, à l’infini. Ainsi Vénus illustre-t-elle un principe de reproduction qui appartient en propre à la vie, depuis le végétal, l’animal et l’humain.

On attribue à Vénus, à Aphrodite, la beauté. N’est-ce pas à elle que Pâris donna la pomme d’or ? Or ‘Beauté’ veut dire : harmonie proportionnelle et il y a dix types de proportions étudiées par les néo-platoniciens. Celle dont nous parlons ici s’écrit c-a/c-b=b/a (3, 5, 8) (idem p.43).

Ceci dit, il faut que Vénus soit mise en relief dans le thème, qu’elle soit angulaire ou simplement en domicile ou en exaltation mais en aspect au Soleil, soit en conjonction ou en semi-carré. Mais il faut aussi qu’elle se rapporte à la maison V analogique au Soleil et symbolisant l’expression de soi; soit qu’elle figure en V ou en relation au maître de V.

Une conjonction Vénus-Soleil angulaire peut ne pas donner un artiste car encore faut-il vouloir le devenir mais assurément elle donnera de la beauté et de la séduction au natif. C’est qu’il y a un autre facteur qui importe, c’est la Lune, qu’elle soit dans un signe d’eau ou en aspect à une planète d’eau telle Neptune car la Lune apporte le rêve et l’imagination, le sentiment d’appartenance à contribution. Ou sinon le signe du Cancer est habité sauf par Saturne ou Uranus qui le dessèche. Ainsi Lune et Vénus rendent-elles compte du champ de la perception et de l’âme de sensation ou sensibilité.

Ne confondons pas ici avec l’art de bien faire et avec le bon goût défini comme une catégorie sociale marginale comme en horticulture, en cuisine, en bricolage ou en construction. Il faut que le sens des proportions s’exprime. L’art peut être plus raffiné et littéraire avec une alliance de Vénus à Mercure, se mariant à la pensée; il y a aussi la danse et le vêtement avec ce couple; avec le Soleil, on touche aux spectacles et au théâtre; avec la Lune, c’est la peinture et le chant; avec Mars, la passion peut se loger dans les arts martiaux ou la gravure; avec Jupiter, on peut avoir l’art paysager, la décoration des espaces mais aussi le roman; avec Saturne, on a musique et sculpture; avec Uranus, on a l’instantanéité, la photographie, le cinéma; avec Neptune on a tous les romantismes, le mouvement impressionniste, le surréalisme; avec Pluton, on a l’art abrupt du flamenco, du tango et l’art dramatique. Parfois il y a des mélanges d’arts.

Enfin j’aimerais ajouter qu’il ne peut y avoir d’art si,

a)      par la science, l’homme n’est pas la mesure de la connaissance et si sa participation à celle-ci est insignifiante. Ainsi Popper maintient que la connaissance existe indépendamment du connaissant et en dehors du sujet, se mouvant dans une espèce de tiers monde idéel… C’est là la métaphysique de la théorie nominaliste (p.56). Ou encore comme Planck disait : L’image du monde devrait être libérée de l’individualité de l’esprit créateur (demande déjà formulée par Newton). C’est une négation de l’homme. (p.50 in Rudolf Steiner’s Philosophie der Freiheit as the foundation of Logic of Beholding thinking, G. A. Bondarev, 2010);


b)      par l’idéologie écologiste, la Terre doit être verte peu importe la survie de l’homme sans industries ni énergie suffisante, c’est encore une négation de l’homme;


c)      par les économistes mais surtout les financiers et commerçants de grande taille, l’éthique ou le respect de l’autre n’a aucune importance devant le profit; on peut le tuer, l’avilir, le dénuer de tout.

C’est là le nœud de la crise de notre civilisation; il faut remettre l’homme comme connaissant, comme survivant, comme fraternisant.

Pourquoi ? Parce que le Soleil, c’est le ‘Je suis’ de l’homme et Vénus est sa relation à l’autre,  au monde, à la nature; Vénus et Lune l’incarnent. Ainsi sans le Soleil, sans l’individualité de l’homme comme connaissant, il n’y pas de vie, pas d’art. Le principe de l’art, c’est incarner les idées : Soleil/Vénus.

 

Denise Chrzanowska