De l'astrologie traditionnelle à l'astrologie moderne

De l'astrologie traditionnelle à l'astrologie moderne

L'article qui suit s'inspire d'un tableau préparé pour l'atelier du 26 février 2011, tenu à Montréal, sous le titre " L'astrologie traditionnelle, son esprit, ses techniques." Il s'agit d'un court tableau comparatif entre les deux types d'astrologie, basé sur les lectures et observations personnelles de l'auteure au niveau de la pratique. Les notions contenues dans le tableau sont développées plus bas.

Astrologie traditionnelle Astrologie moderne
Observation du ciel, de ses changements et  de ses cycles Basée sur les éphémérides et sur les logiciels
Fataliste, événementielle
Psychologique, axée sur le potentiel de croissance
Analyse ciblée par secteurs de vie
Approche globalisante

Basée sur l'observation du ciel, des ses changements, de ses cycles

L'observation du ciel par les Anciens a fait de l'astrologie une science géocentrique. L'astrologue interprétait le thème en fonction de ce qu'il percevait. Si par exemple, Mercure était conjoint au Soleil, il était considéré combuste ou "brûlé par le Soleil", car la lumière du Soleil cachait Mercure. Mercure combuste était un facteur astrologique défavorable: puisque le messager des dieux n'était pas visible, il ne pouvait être valorisé.

Basée sur les éphémérides et les logiciels

La manière moderne de se représenter les planètes et leurs mouvements est beaucoup plus abstraite; on oublie leur vitesse (pas) qui était utilisée pour estimer  la rapidité ou la lenteur des événements; on oublie aussi la vision de l'impressionnante Pleine Lune; pour les Anciens, cette plénitude influera sur le secteur régi par la Lune…En contrepartie, nos éphémérides et  logiciels nous sont d'un grand secours dans les prévisions à long terme.

Fataliste, événementielle : en fait, on pourrait comparer l'astrologie ancienne à l'astrologie lunaire  (pensons  ici à l'importance de la Lune en astrologie horaire), en raison de l'emphase sur le conditionnement plutôt que sur la conscience (Soleil). Les transsaturniennes n'avaient pas encore pénétré l'inconscient collectif; on ne parlait ni de personnalité, ni d'ego. L'astrologie babylonienne, par ailleurs, servait à ses débuts à décrire le destin des rois et des nations. Elle ne se préoccupait pas de l'individu. L'aphorisme suivant,  d'origine inconnue,  illustre bien le fatalisme de l'astrologie traditionnelle: " Un astre en maison cadente est comme un homme inanimé, sans mouvement, voire un mort.  " Parce qu'elle est événementielle, l'astrologie traditionnelle accorde une grande importance aux maisons, au détriment des signes.

Basée sur la psychologie, le potentiel de croissance : Le signe solaire a connu un important développement en astrologie moderne, jusqu'à devenir le point de départ de l'analyse du thème. La teneur psychologique des signes prend alors beaucoup de relief; le thème représente le parcours individuel, à la manière du mandala, circulaire lui aussi. Les multiples facettes de la personnalité seront mises en relief par l'astrologue lors de la consultation et serviront d'encouragement ou de mise en garde face aux événements.

Analyse ciblée par secteurs de vie :  Les analyses traditionnelles sont simples, dépouillées. Le maître de l'Ascendant est le vecteur du thème. A partir d'une interrogation sur les amitiés, par exemple, on cherchera l'aspect, s'il y a lieu, entre le maître de l'Ascendant et le maître de XI. Le classement par planètes bénéfiques ou maléfiques aide également à déterminer la nature des liens d'amitié et leur évolution dans le temps.

Approche globalisante :
   L'astrologie moderne aborde un thème dans sa globalité. Les éléments du thème s'insèrent dans un tout. Ils peuvent avoir une relation de cause à effet. Par exemple, Saturne en maison I ne sera pas vu comme le simple effet du hasard. On attribuera au natif des traits psychologiques (et physiques) saturniens, dont la cause pourra se trouver dans la maison dont Saturne est maître. Les autres éléments du thème viendront compléter le portrait global de l'individu.

Observations personnelles :
  Après avoir étudié et pratiqué l'astrologie moderne pendant plusieurs années, ce qui m'attire et me fascine dans l'astrologie traditionnelle est que tout s'explique par la logique et par l'observation des phénomènes naturels. Le classement de planètes en bénéfiques et maléfiques, par exemple, ne tient pas à un jugement de valeur, mais est basé sur la position des planètes en domicile par rapport aux deux luminaires. Le Soleil et la Lune occupaient une place de choix dans le zodiaque en raison de leur nature élémentaire feu et eau, propice à entretenir la vie sur terre (chaleur et humidité). Chaque planète était ensuite évaluée par rapport à sa position avec les luminaires. C'est ainsi que Mars fut considérée maléfique car le Scorpion est au carré du Lion (domicile du Soleil) alors que le Bélier est au carré du Cancer (domicile de la Lune) Saturne fut considéré maléfique car le Capricorne (domicile de Saturne) est opposé au Cancer et le Verseau (deuxième domicile de Saturne) est opposé au Lion. Saturne était vue comme une planète froide et sèche en raison de son éloignement des luminaires chaud et humide. Saturne était donc lié au dépérissement, à la nécrose, à la mort.

Note en bas de page

Conclusion

Ce bref survol des caractéristiques de ces deux types d'astrologie complémentaires, nous amène à comprendre que notre exploration moderne de l'individualité et du psychisme humain, si elle a apporté une grande profondeur à l'astrologie,  nous a fait perdre de précieuses notions en cours de route. Grâce à la récupération de textes anciens via leur traduction et leur numérisation, nous avons une occasion inouïe d'unir l'ancien au moderne, à travers une astrologie physique, événementielle,  simple et soucieuse du détail, et une autre, psychologique, évolutive, technique et précise. N'oublions pas que le signe du Verseau, qu'on attribue à l'astrologie, est sous la maîtrise de Saturne tout autant que d'Uranus!

Carole Lalonde.

Note : Labouré, Denis,  Prédire par l'astrologie horaire, Cédra-Astralis 1995, p. 47