QU'EST-CE QUI NOUS MENACE DANS LE CONTEXTE DE LA CONJONCTION JUPITER-URANUS?

Qu’est-ce qui nous menace dans le contexte de la conjonction Jupiter-Uranus?

            Jupiter et Uranus sont en conjonction tous les 13,81 ans en moyenne. Leur retour cyclique  peut donner lieu à une conjonction, parfois à deux, parfois à trois comme c’est le cas au cours de 2010-2011, avec la première rencontre précise le 8 juin à 0°17’ en Bélier, la seconde (rétrograde) le 18 septembre à 28°42’ aux Poissons, et la troisième le 4 janvier 2011 à 27° 02’ aux Poissons. En 1983, il y eut aussi trois conjonctions en Sagittaire lors de leur retour cyclique. Les trois conjonctions lors d’un tel retour s’expliquent par la rétrogradation simultanée des deux planètes évoluant sur des orbites extérieures à celle de la Terre; leur mouvement plus lent que celui du Soleil est mesuré comme un recul en mesure de longitude céleste. Dernièrement, la planète Mars est entrée en Vierge après avoir effectué une telle boucle dans le signe du Lion, ce qui a laissé une empreinte particulière sur ce signe, du moins chez ceux qui ont des planètes en Lion dans leur thème natal.

            Étant donné que le mouvement de rétrogradation va renvoyer Jupiter et Uranus aux Poissons, je suis tenté d’interpréter ce retour en arrière comme un passage en maison XII, en même temps qu’une station fortement significative aux Poissons. Cela pourrait signifier que dans les mois à venir on pourrait connaitre un genre de retour d’ascenseur de la triple conjonction qui s’était produite en 1927-1928, époque dite des “années folles” où on “s’envoyait en l’air” et où on n’a pas vu venir la grande dépression ni la seconde guerre mondiale. Les machines industrielles comme les machines à billets de banque fonctionnaient à plein régime. On n’avait pas pensé à règlementer la surproduction et la juste distribution des biens produits.

            Il y a peu de temps on pensait avoir bien compris les leçons de cette époque, mais n’est-on pas, jusqu’à un certain point, tombé dans un piège semblable aujourd’hui avec “l’argent et les actions virtuels” de pseudo-compagnies, avec les vols  systématiques de fonds d’investissement des épargnants ou de régimes de retraite? Si quelques leçons ont été retenues de cette époque, si on est plus conscient de ce genre de “passe” si ravageuse, allons-nous permettre la même manipulation en plus raffiné cette fois-ci? J’entrevois que la station prolongée de ces deux planètes aux Poissons vont questionner les valeurs des manipulateurs et des marchands de futilités qui vont être exposés aux jugements des groupes collectifs (comme une retour du karma, diraient certains). Jupiter et Uranus réunis rassemblent les individus soucieux de protéger leurs intérêts et leurs associations collectives, voire caritatives dans un esprit de justice et de vérité.

            En tant que planète la plus lourde du système solaire, Jupiter représente ici l’expansion des idées par les citoyens eux-mêmes en vue d’apporter des correctifs à des pratiques inacceptables, en vue de provoquer l’éveil d’une conscience citoyenne et plus démocratique. Dans les rapports internationaux cela ne s’est pas tellement exprimé en ce moment, puisque les chefs d’État sont plutôt intéressés à faire valoir leur solidarité mutuelle même si ça va jusque dans l’installation de mesures dictatoriales et restrictives des libertés. Mais là où les contacts rapprochés entre les citoyens actifs et les élus sont possibles, ce scénario est facilement constatable ici comme ailleurs sur la planète. Les citoyens sont tannés d’être abusés par des dépensiers qui les gouvernent. Les tensions montent, mais il n’y a rien de mieux que l’éveil à l’intérêt public et à la surveillance de la gestion des pouvoirs locaux pour former le citoyen responsable.

            Nouveauté, réveil, conscience, révolte, rébellion, chaos, intuition, originalité, esprit d’invention, créativité, originalité, dépassement, affirmation individuelle, individuation, distinction, espace, on l’aura remarqué, sont des mots qui appartiennent à l’énergie et à la symbolique uranienne. Le type ou le comportement uranien est facilement reconnaissable, entre autre, à son instinct de liberté. C’est un être expansif en hauteur sans complexe d’infériorité qui peut incarner des causes universelles quand il est parvenu à s’harmoniser et à intégrer l’intensité énergétique de cette planète. Si le Jupitérien s’annonce avec son air de bonhomie et de générosité communicative qui aident à l’expansion de ses affaires, l’Uranien par contre avance à coup d’éclat ou de génie en vue de transformer les acquis et d’accueillir la nouveauté toujours naissante. Ces deux listes de significations réunies dans le signe ardent du Bélier, et encore pour quelques mois aux Poissons, donnent à penser ce que sera le prochain cycle de plus de 83 ans qui s’amorce. Ce sont des ingrédients qui dérangeront par l’audace ou l’effet de surprise, mais qui sont susceptibles d’être ralentis par Saturne à l’opposé qui fixera ses règles encore un temps dans le signe de la Vierge et ensuite dans la Balance. Le moment critique, inquiétant peut-être, du passage de Mars dans l’entourage de Saturne laisse entrevoir quelques coups durs. Il faudra éviter de perdre patience et de tomber dans les “solutions extrêmes”, surtout au début d’aout 2010 : les uns abusant de leur pouvoir, les autres faisant preuve d’indiscipline.

            Quand on est tenté de craindre le pire, il convient de prendre avis chez les plus sages, c’est-à-dire ceux qui ont éprouvé l’outil prévisionnel sur de longues périodes et qui sont arrivés à comprendre quelques lois du déroulement cyclique. Je pense plus particulièrement à André Barbault (et secondairement à son frère Armand) qui a investi une vie de recherche assidue pour comprendre ces lois cycliques que les Anciens signalaient avec le vocable de la Grande Année. Ayant constaté leur échec prévisionnel (et celui aussi de la grande majorité des astrologues en 1938-1939) sur l’éventualité ou non d’une guerre, les deux frères s’étaient donné la tâche de comprendre les raisons de leur échec et s'étaient mis à la recherche d’autres bases qui donneraient une certaine efficacité prévisionnelle. Ils se sont aperçu d’abord qu’on ne pouvait pas faire reposer les décisions les plus graves sur la base des seules lunaisons comme on le faisait à l’époque, mais qu’il fallait plutôt chercher du côté des grands cycles, spécialement ceux des planètes lourdes et des lentes. Il fallait identifier les commencements significatifs, les facteurs de crises et les facteurs d’évolutions constructives, schématiser tout cela dans un graphique montrant les moments de remonté et les moment de crise et de chute critique, à l’échelle de siècles et en utilisant les faits historiques pour donner de la chair à un graphique construit à partir de la pondération des masses planétaires et des écarts angulaires entre planètes qui s’éloignent de la conjonction et y reviennent. On ne présentera pas ici tous les détails de la méthode qui s’étendent sur quelques centaines de pages. Nous dirons simplement que les résultats de ces recherches ont donné un graphique des hauts et des bas pondérés (sur la durée du XXe siècle par exemple) : les bas correspondant aux moments des conjonctions, les lignes obliques et ascendantes étant produites par l’addition des écarts angulaires croissants entre les couples de planètes; les sommets ou les pics supérieurs représentant la somme des oppositions planétaires, tandis que la courbe descendante est produite par les écarts angulaires des planètes plus rapides qui avancent du point de l'opposition à la conjonction avec la(les) lente(s) qui la(les) précède(nt). La période de crise est majeure lorsque la majorité des couples planétaires est en phase descendante, surtout à l’approche du point le plus bas. Au XXe siècle, il y eut trois moments de pics minimas : 1914-1916; 1941-1942; 1979-1981. Sur cinq siècles, la date la plus critique aurait été 1941. La période de 1978 à 1983 était aussi très critique. On se rappelle qu’on était encore en pleine guerre froide et qu’il y eut d’extrêmes menaces de conflits. La chute du mur de Berlin marquait un changement de direction dans la courbe.

            Toute cette démonstration qui a dû vous apparaitre trop abstraite n’avait pour but que de vous apporter un prix de consolation, en vous faisant remarquer que présentement et pour plusieurs années devant nous, le cycle global est en progression ascendante. Par conséquent, on peut déduire qu’il existe, malgré de nombreux problèmes locaux, un climat de tension limité au plan international, une volonté de trouver des solutions en passant par la globalisation des marchés. Car cela est aussi une mise en application pratique des lois d’interdépendance conforme à une certaine réalité que nous ne maitrisons pas encore parfaitement et conforme aussi à ce que l’astrologie professe depuis longtemps : c’est-à-dire le principe de l’interdépendance universelle, tel que le démontre aussi à sa façon, le modèle plus ou moins statistique dont nous venons de vous entretenir.

            J’ajouterai que deux menaces nous guettent : d’abord les conflits locaux que nous devrons apprendre à gérer avec ténacité et calme. On ne peut pas faire fi de la discipline et de la sagesse éthique sous le prétexte de l’accueil de la nouveauté et des changements nécessaires. Je suis d’accord avec l’idée que la nouveauté est toujours à portée de main et qu’il faut s’ouvrir pour l’accueillir. Par contre, le changement vient en son temps pour le meilleur si nous savons nous y préparer. Simplement, il faut donner place à l’ouverture, la créativité, la patience, la maitrise de soi, la solidarité entre nous, entre les peuples. Ensuite, il faut voir aussi à la protection de la nature terrestre. Nous avons un devoir de solidarité à son endroit. Sinon, il arrivera ce qui semble déjà nous menacer… À vous d’imaginer à quoi pourrait ressembler une Terre en perte de vitalité.

Donat Gagnon

 

Notes : À l’instar d’André Barbault, Irène Andrieu parle également, dans son Astrologie d’évolution, du cycle de Neptune-Pluton qui fait près de 500 ans et qui semble signaler, selon elle, les changements de civilisations.

Bibliographie :

André Barbault, Introduction à l’astrologie mondiale : La prévision historique par la connaissance des rythmes du Cosmos. Éditions du Rocher, 2004

André Barbault, L’Avenir du monde. Éditions du Félin, 1993.

Irène Andrieu, Initiation à l’Astrologie d’évolution, Éditons d’Angles, 1982.

Irène Andrieu, Planètes d’ombre et de lumière, L’âge du Verseau, 1989.