La domification Vernale ou Tropique

La domification Vernale ou Tropique
ou les mystères de la destinée collective enfin dévoilés

par Marcel Bélanger, astrologue-conseil



Le présent exposé fait état d’une méthode d’équipartition (ou domification) de la voûte céleste locale, telle qu’utilisée par maints astrologues mondialistes de l’Antiquité, à partir de Claude Ptolémée et de ses continuateurs. Hormis la méthode solaire classique, aucun système n’avait alors été conçu et appliqué à l’équipartition (ou domification) d‘un ciel local tracé sur la base du Zodiaque étoilé (sidéral) des Constellations. (1) Pour notre part, nous sommes maintenant intimement convaincus que la correspondance analogique et cosmographique qu’offre le cercle tropique des saisons avec celui formé des 12 Constellations équipartites originelles s’applique parfaitement à l’étude spécifique de tout thème astral collectif ou mondial.

En confondant le périmètre du zodiaque stellaire avec le parcours annuel apparent du Soleil sur le cercle de l’Écliptique (le parcours translatoire de la Terre autour du Soleil), il apparaît clairement que Ptolémée venait tout bonnement de découvrir, sans toutefois en être parfaitement conscient, le 1er système universel d’équipartition (ou domification) de la voûte céleste locale. (2) Ayant pour toile de fond le périmètre des 12 constellations du Zodiaque étoilé originel, ce système d’équipartition de la voûte céleste prend son point d’appui et d’origine sur l’axe Équinoxial terrestre. Les 12 secteurs égaux qui le composent correspondent aux phases ou étapes du parcours annuel apparent du Soleil autour de la Terre. (3) Nous désignerons ce système d’équipartition ponctuelle de la voûte céleste locale sous le terme de « Domification Vernale ».

À l’usage, vous serez à même de constater que cette façon de conjuguer la voûte locale tropique avec la toile de fond du parcours zodiacal étoilé (le Zodiaque sidéral) projette un éclairage remarquable et pertinent sur ce qui pourrait éventuellement constituer les bases spécifiques et distinctes pour chacun de ces cercles cosmographiques en astrologie mondiale. Vous découvrirez que cette méthode d’équipartition de la voûte céleste a pour principal mérite de mettre clairement en lumière la dynamique évolutive de la collectivité humaine à travers les différentes étapes de son Histoire. Elle témoigne, en clair, des rapports étroitement interactifs et dynamiques existant entre les 12 Secteurs (maisons) tropiques et les 12 Signes du Zodiaque originel des Constellations. (4) L’utilisation de cette méthode s’avère d’une simplicité désarmante et s’apparente, analogiquement parlant, à une autre méthode de domification céleste équipartite utilisé, cette fois, en astrologie généthliaque ou horaire: le système Draconitique. (5)

La domification équipartite Vernale prend donc comme point de repère premier le degré 0 du Bélier tropique (ou Point Vernal) qui en constitue la clé de voûte essentielle. Les points de repères utilisés à ce système de domification équipartite se démarqueront toutefois de ceux se rapportant au ‘zodiaque tropical’ proprement dit - en ce sens que le 0 degré du Bélier (ou point Vernal) ne constituera plus le simple point de départ d’un signe saisonnier mais bien plutôt la pointe d’influence maximale (c'est-à-dire, le point milieu) d’un 1er secteur (ou maison) mondiale. Conséquemment, le degré 0 du Taureau tropique constituera la pointe d’influence maximale du secteur suivant (la maison 2ème), puis le degré 0 des Gémeaux tropiques, le degré médian du 3ème secteur. Il en ira de même et ainsi de suite pour les 9 secteurs tropiques restants.

Nous appuyant donc sur ce point de repère qui marque habituellement le début du ‘zodiaque tropical’, cette équipartition de la voûte céleste sera donc constituée de 12 secteurs (Maisons) d’une étendue égale de 30 degrés de longitude chacune mais à la différence, toutefois, que chacun de ces 12 secteurs égaux sera délimité de la façon suivante : le 1er secteur aura son commencement au 15ème degré usuel des ‘Poissons tropique’ et s’étendra jusqu’au 15ème degré du ‘Bélier tropique’, le deuxième secteur débutera au 15ème degré du ‘Bélier tropique’ et se prolongera jusqu’au 15ème du ‘Taureau’ tropique. Il en ira de même et ainsi de suite pour les 10 secteurs restants.

Afin de faciliter la lecture et le repérage de l’ensemble, on orientera la pointe du 1er secteur (Maison), c’est-à-dire le Point Vernal (ou degré 0 du Bélier ‘tropique’), vers la droite et la pointe du 7ème secteur (ou degré 0 de la ‘Balance tropique’) vers la gauche du thème à l’étude. Le degré 0 du ‘Cancer tropique’ se situera donc tout en haut de cette figure astrale et formera tout naturellement un T carré par rapport à l’axe 0 Bélier / 0 Balance ‘tropiques’. Ce degré 0 du Cancer ‘tropique’ constituera donc la pointe d’influence maximale du 4ème secteur (ou maison) mondial et, à l’opposé, le degré 0 du ‘Capricorne tropique’ sera localisé tout au bas du thème astral et constituera, dès lors, le milieu ou la pointe d’influence maximale du 10ème secteur collectif.

Afin de permettre au lecteur de mieux se familiariser avec cette méthode de domification céleste inédite, les degrés occupés par les planètes, les principales étoiles fixes, les Nœuds lunaires ainsi que l’Ascendant et le Milieu du Ciel seront toutes calculées et dessinées à partir des tables de positions quotidiennes usuellement consignées aux éphémérides tropicales. Il en ira tout autant lors du calcul et de l’ajout des transits, lunaisons, progressions ou directions.

Nous sommes d’ores et déjà persuadés que le lecteur, saura apprécier toute la quintessence de cette méthode superposant la trame décalée du Zodiaque Sidéral, à l’arrière-plan de cette domification tropique équipartite. Décalée selon l’Ayanamsa (terme sanskrit signifiant l’écart précessionnel) correspondant à la date du ciel à l’étude, l’insertion du Zodiaque sidéral constellé sur le cercle de domification tropique permettra le décryptage exact et approfondi des grands enjeux de la destinée collective humaine à travers le temps.

Notes :

(1) Cette méthode antique de domification équipartite de la voûte céleste en 12 secteurs solaires (ou Maisons) est toujours couramment utilisée, de nos jours. Elle s’effectue comme suit : à partir d’un lieu donné, le degré zodiacal occupé par la position du Soleil (habituellement pour midi) constitue le début de la 1ère Maison de ce ciel. Avant la découverte de la Précession, cette domification solaire était établie selon le mode de répartition dit ‘modus aequalus’ (mode équipartite) et avait pour toile de fond la trame et le périmètre du Zodiaque (également équipartite) des Constellations. Depuis Hipparque et Ptolémée, la lecture de cette méthode solaire de domification s’effectue selon les délimitations fixées pour le ‘nouveau’ zodiaque des tropiques … également, vous l’aurez remarqué, équipartite.

L’invention et l’utilisation de divers systèmes de domification structurés en secteurs d’étendues variables ou inégales (Régiomontanus, Placidus, etc.), n’apparaîtrons qu’à partir de la période du Moyen Âge. Or, de nos jours, il est plutôt curieux et paradoxal de voir certains astrologues tropicalistes recourir encore à cette méthode antique de domification équipartite pour l’étude ‘d’horoscopes’ quotidiens alors que, par ailleurs, ils persistent à utiliser de méthodes de domifications inégales dans le cadre des thèmes horaires individuels et évènementiels mondiaux. Un tel paradoxe apparemment inexplicable et injustifié, nous force de constater que l’épineuse et controversée question, à savoir : Quel système de domification s’avère le plus juste ? » demeure entière.

(2) L’astronome/astrologue Hipparque découvrit ce phénomène de la précession, en l’an 120 avant J.-C., alors que le Point Vernal s’alignait vis-à-vis les étoiles marquant le début de la Constellation du Bélier. Cette découverte d’une importance capitale se situe à une époque charnière de l’histoire de l’Astrologie ou, suite à une fâcheuse méprise de sens, l’astronome/astrologue grec Claude Ptolémée provoquera un schisme malheureux entre astrologues Occidentaux et Orientaux.

Suivant de peu la découverte de la Précession des Équinoxes par Hipparque, le parcours annuel apparent du Soleil autour de la Terre sera, sous Claude Ptolémée, confondu avec le cercle constellé du Zodiaque sidéral. Ce ‘nouveau zodiaque’ cyclique, saisonnier, fixe et immuable sera qualifié de ‘tropical’ et son usage se répandra peu à peu à travers tout l’Occident. Faut-il rappeler, ici, que cette transposition constellée / saisonnière fut réalisée sur un mode d’intégration parfait puisque les 12 Constellations du Zodiaque sidéral originel qui, à l’époque de Ptolémée, étaient toutes d’étendues égales de 30 degrés de longitude chacune, pouvaient se superposer et se calquer parfaitement sur le périmètre de ce nouveau cercle tropique des saisons. Ce Zodiaque stellaire équipartite aura donc servi de modèle conforme pour l’instauration de ce ‘nouveau’ zodiaque tropical (également équipartite) des saisons.

L’implantation et la propagation de ce nouveau ‘zodiaque tropical’ auront donc pour conséquence d’immobiliser (du moins chez les astrologues occidentaux) le périmètre cosmographique du Zodiaque per se. Cette superposition exacte et intégrale, mais erronée, du Zodiaque des Constellations sur le cercle saisonnier des Tropiques sera à l’origine d’une méprise qui, hélas, n’a pas fini de faire couler de l’encre - suscitant et perpétuant, hélas, de vives et douloureuses polémiques au sein de la communauté astrologique mondiale. Le présent texte constitue peut-être une simple amorce visant à ce que la lumière soit faite, un de ces jours, sur cet épineux sujet afin que la grande fraternité des astrologues en arrive à retrouver son unité originelle.


(3) Comme vous le savez sans doute déjà, le Point Vernal (0 degré du Bélier tropical) et son degré opposé (0 degré de la Balance tropicale) forment l’intersection de la rencontre des plans de l’Équateur Terrestre avec celui de l’Équateur Céleste (l’Écliptique). Ces points d’intersection des deux plans équatoriaux (terrestre et solaire) constituent, de fait, l’axe des nœuds terrestres … d’où leur importance capitale.

(4) Cette notion d’interactivité dynamique met en lumière le rôle de premier plan joué par la lente mais constante migration rétrograde du Point Vernal (ou de l’axe des équinoxes terrestres) à travers la trame du Zodiaque des Constellations. Cette migration rétrograde du Point Vernal est entraînée par le très lent mouvement d’oscillation (‘wobble’) de l’axe des Pôles terrestre dont le déplacement sur le périmètre du cercle étoilé s’effectue au rythme de 1 degré de longitude pour chaque 72 années de temps terrestres. Ce mouvement de nutation des pôles assure la constance du mouvement migratoire de l’axe Équinoxial terrestre qui marque, de façon significative, l’enchaînement et la définition de sens propre aux différentes époques (Ères) jalonnant le parcours de l’Histoire humaine.


(5) Les modalités d’utilisation de cette méthode Draconitique (ou Nodale) ont déjà, par ailleurs, été largement décrites et explicitées par l’auteur. Précisons qu’à l’instar de la méthode Draconitique, les axes horaires / locaux (Asc/Desc et MC/FC) s’insèrent tout naturellement dans la structure globale de ce thème équipartite Vernal lorsque l’heure exacte et les repères géographiques locaux de l’évènement à l’étude sont connus avec exactitude. Leur insertion et leur positionnement particulier (en secteur) dans la structure de tout thème mondial définit et précise plus avant la nature et la trame particulière de la destinée pour un moment et un endroit donné dans le parcours de l’Espace/Temps terrestre.