Éléments et Mythologie - Irène Andrieu

IRENE ANDRIEU

iandrieu@club-internet.fr

 

Note: L'Auteure a repris l'article publié dans le dernier Astrospirale paru à l'Automne 2005 et l'a complété avec " Bases sur la symbôlique des nombres"

DES ELEMENTS ET DES NOMBRES DANS LA SYMBOLIQUE DES CONTES ET LEGENDES

Selon la tradition védique, à l’origine de la symbolique et de l’ésotérisme indo-européens, trois qualités élémentaires figurent à l’origine de toutes les formes de vie. Ces qualités sont diversement représentées : soit sous la forme d’une trinité (hindouïsme, christianisme), soit sous la forme symbolique d’une série de « huit » horizontaux s’enchaînant à l’infini.

1 - LES TROIS QUALITES ELEMENTAIRES

Ainsi qu’il est dit à la première ligne du Mahabaratta, l’un des grands livres de sagesse fondamentale de l’Inde « Trois dieux gouvernent tout l’Univers ». Les bouddhistes les désignent comme les trois gunas, le mouvement ondulatoire primordial de l’énergie.

 

A) La qualité sattva  qui anime les signes cardinaux, représente le principe de création et de jaillissement spontané de l’énergie (dieu Brâhma, planète : Mars). Sa nature élémentaire est de Feu en renouvellement perpétuel. Elle lance l’impulsion du mouvement de l’énergie (ou de la pensée), et est considérée comme antérieure à n’importe quelle forme de manifestation.

Elle n'est pas réalisatrice en elle-même mais activante.

Les mots-clés liés à cette qualité de la matière sont la création sous toutes ses formes, la naissance et la renaissance, la germination, le jaillissement, la pulsion créatrice et l’esprit d’initiative, l’immédiat, le présent.

Dans les contes et mythes, la qualité brahmanique apparaît sous la forme des dragons crachant des flammes ou des mages, sorcières, dieux et déesses qui guident les héros sur leur chemin initiatique.

Exemple : un musicien qui créé un instrument lui permettant de vaincre un dragon ou de charmer les rats pour les faire sortir de la ville. Les contes dans lesquels le héros reçoit d’un être surnaturel le don de tirer les autres du sommeil ou de la mort sont également légion. Les miroirs magiques sont également susceptibles de révéler la vérité des choses au-delà de l’illusion dans laquelle le héros se trouve plongé. Ainsi, dans les légendes du Bardo Thödol, le décédé est invité à se regarder dans un miroir pour y découvrir le karma qu’il a engendré dans un miroir et à définir lui-même le travail qu’il devra faire lors de sa prochaine renaissance.

 

B) La qualité Tamas (signes fixes, dieu Vishnu, planète Saturne), manifeste la nature primordiale de l’énergie Terre, dans son expression de cohésion et de stabilité apparente. Cette phase énergétique n'intervient que durant une fraction de seconde dans le cycle. Cependant, cet espace de temps en perpétuel transformation suffit à engendrer en nous l’impression et le désir de continuité. La qualité Tamas est donc rattachée à la notion de structure et d’organisation des choses visibles dans la durée, donc à l’illusion du temps.

Dans les contes, les rois et les juges sont supposés gouverner selon des règles de cohésion et d’équilibre dont ils sont les détenteurs et les représentants. Quand un individu est transformé en pierre, c’est qu’il a accordé trop de confiance et de valeur à ses croyances (le mental est de nature de Terre), par son désir de contrôler les choses ou de s’emparer du pouvoir à son seul profit.

 

C) La qualité rajas, relève du nombre 8 (la force du mouvement de l’énergie) et du dieu Shiva (planète Pluton), qui gèrent forces de déstructuration et de transformation à l’œuvre dans l’univers.

Ce principe de mort ou de résurrection (dans l’énergie Sattva), figure dans la plupart des grands récits cosmogoniques. Il souligne que toute mort est le prélude à une renaissance. Ainsi, la croyance dans la mort des choses, et le refus d’en faire le deuil découle de l’esprit de lourdeur (Tamas), propre à un mental qui refuse les effets de la loi universelle de l’impermanence. Le seul résultat est d’inhiber en soi la capacité de création et de sombrer dans l’ennui des répétitions en boucle induit par le blocage de l’énergie tamas.

Sur le plan psychologique, cette mutation constante de la phase énergétique engendre l'inquiétude vitale de l'être face à la certitude de sa finitude et le désir de se prolonger par une descendance ou la création d’une œuvre.

Nombre de légendes de transformation ou de révélation s’inspirent de l’énergie rajas : phoenix renaissant de ses propres cendres ou belle princesse dont l’amour et la clairvoyance permettent à la bête de retrouver sa véritable nature d’être humain. On peut y rattacher également les épreuves initiatiques des héros les obligeant à vaincre leur peur de la mort et à renoncer à toute quête personnelle pour accéder à un autre état d’être (Hercule, Siegfried, etc.).

L’aveuglement ou la possibilité de retrouver la vue sous l’impulsion de la foi, les énigmes proposées par les animaux initiatiques appelant le héros à la clairvoyance (voir les choses dans leur réalité), font partie des symboles associés à cette forme de l’énergie. De même que les cataclysmes anéantissant des cités impies que l’on retrouve avec une constance remarquable dans la plupart des grandes traditions.

 

2. LES CINQ ELEMENTS

Les gunas entrant en action dans l’univers des formes animent maintenant les cinq agrégats élémentaires (ou skandhas en sanscrit) qui se manifestent aussi bien à travers les formes physiques que psychiques.

 

Les cinq groupes de composants de la matière, constitué par l'un des éléments (Feu,Terre, Air, Eau, Ether), interviennent de façon plus ou moins densifiée, du plus subtil au plus grossier, et animent nos différents niveaux de conscience. Leur siège est toujours considéré comme situé dans le signe fixe de l’élément.

 

Il est intéressant de noter que les anciens astrologues et ésotéristes occidentaux n’ont retenu que quatre de ces structures élémentaires en tant qu’éléments constitutifs du zodiaque, alors que l’Orient en définit cinq figurant à la base de l’action de six sens (l’activité mentale, sixième sens étant considéré comme l’agent de la synthèse consciente des cinq sens physiques et psychiques).

 

LE FEU, élément masculin est rattaché aux fonctions de la vue.

Gouverneurs : Mars, l’énergie physique et psychique, le Soleil pour la conscience et l’énergie vitale.

Couleur : Rouge carmin.

Siège : le Lion

Principe de Vie, le Feu gouverne en nous tout ce qui relève de l'activité, de l'action, des pulsions et du désir. Il est ce qui met en œuvre, réalise, dynamise, mais également projette, transforme et détruit.

De là se déclinent tous les modes d’expression de l’énergie : vitale, sexuelle, créatrice, mentale, psychique, spirituelle. Nous sommes donc en présence du principe actif de la Création manifesté dans l’univers des formes.

L’animal du Feu, est le paon (animal sacré de Junon, épouse de Jupiter).

Sa fleur symbolique est le lotus (la rose en Occident), la fleur de la compassion, de l’amour et de la Connaissance.

 

Dans les contes mythologiques, le feu apparaît comme terrifiant, repoussant, inaccessible pour quiconque n’a pas le courage et l’intelligence nécessaires pour en percevoir la véritable nature : purification et révélation. Ses gardiens sont des monstres ou des sorcières que l’on ne peut ni séduire ni tromper. Mais que l’on peut éventuellement détruire comme autant d’illusions quand on a compris la peur qu’ils inspiraient.

Nombre de héros des mythologies ne peuvent transcender leur nature humaine qu’en passant par les épreuves du feu, voire par le bûcher.

 

LA TERRE : (le bois dans certains contes et dans la tradition chinoise)  élément féminin, sous-tend les fonctions de l’audition (physique) et de la compréhension (psychique). On peut y ajouter dans le signe de la Vierge, le contact physique et mental et la capacité d’organiser concrètement les résultats de l’expérience sensorielle.

Gouverneur : Saturne, seul gouverneur du monde visible, objectif et rationnel.

Couleur : jaune cadmium (légèrement orangé).

Siège : le Taureau

 

La Terre représente en nous le principe de fixité, de densité, de concrétisation, entrant dans la composition de tout ce qui est tangible (osseux, musculaire). Dans son action psychique, elle engendre l’attachement au temps et l’attachement aux choses matérielles, aux croyances, aux certitudes.

Chez les bouddhistes, le symbole de l'élément Terre est le diamant et son animal représentatif le cheval.

Dans la tradition indo-européenne, c’est essentiellement la vache qui est représentée comme principe féminin de l’élément terre, le cheval étant réservé à la représentation du héros, du chevalier.

 

Vach (prononcer : « vak » ) en Inde est la déesse de la fécondité. A ce titre, elle est sacrée : interdiction de la tuer et même de la déranger (bonjour les encombrements !).

Dans la mythologie grecque, Io et Europe, symbolisent l’espèce humaine dans sa nature incarnée. Aimées de Zeus, elles font l’objet d’une poursuite acharnée de la part de Héra, son épouse, signifiant par là qu’elles sont « illégitimes » au regard de la loi divine, tandis que l’amour de Zeus leur confère une forme de consécration. Elles sont toutes les deux transformées en vaches, animal destiné en Grèce au sacrifice religieux, une part étant consacrée aux dieux, l’autre aux hommes.

Sur terre, lors de leur exil pour « illégitimité », Phoebus et Hermès se disputent un troupeau de 100 vaches (multiple de 10, nombre de la multiplication des formes). Phoebus l’emporte avec la protection de Zeus mais Hermès y gagne son titre de dieu par la vivacité de son intelligence (il a réussi à coller le tribunal du ciel avec une de ses énigmes).

 

L’AIR : élément masculin représente l’univers intellectuel engendré par le mouvement. Dans certaines traditions orientales, en Chine notamment, l’Air est identifié à l’élément Vent.

Gouverneur : Mercure.

Couleur : bleu cyan (couleur primaire)

Siège : le Verseau

 

Elément du mouvement (mobilité, rapidité, translation), l’Air établit l’interaction entre toutes les formes d’expression de l’énergie. C’est lui qui gère l’activité neuronique par laquelle s’engendre la mise en relation des informations sensorielles provenant du monde extérieur avec celles contenues dans notre réservoir mental de connaissances (tendances latentes et tendances acquises).

De là découle l’activité de la Conscience des connaissances (figurant symboliquement dans les Gémeaux) dont dépend notre niveau d’expression et d’intelligence.

En nous rendant conscient de ce qui se passe en nous et autour de nous, l’élément Air apparaît donc comme le gestionnaire de la relation intérieur/extérieur. Rien donc d’étonnant qu’il soit associé à l’intelligence, les capacités de l’esprit, la créativité, et cette rapidité de perception que l’on identifie à l’intuition.

 

Le dieu Hermès des Grecs n’est pas le seul de son espèce : l’homme-oiseau appartient aussi à d’autres traditions, et notamment à celles des Améridiens. Il symbolise dans tous les cas, les capacités de l’esprit humain à accéder aux dimensions de l’invisible (sa nature divine).

De son côté, Pégase, le cheval volant fils de Neptune, représente l’association de l’élément Terre (les quatre pattes) et de l’air (les ailes). Sa couleur blanche indique la pureté initiale de l’esprit non souillé par les identifications (sa nature d’Ether). Dans le mythe de Persée (qui relève de la symbolique de la Vierge), par exemple, le héros ne peut apprivoiser cette  monture divine qu’après avoir vaincu la gorgone (femme à queue de serpent) qui transformait en pierre les imprudents qui l’approchaient sans discernement. Or, c’est en lui présentant un bouclier poli comme un miroir (symbole de pureté de l’Eau) que Persée réussit à retourner contre la gorgone ses propres maléfices.

 

L’EAU : élément féminin est identifié à la pensée et à l’univers psychique dans son ensemble.

Gouverneur : la Lune, l’ensemble des fonctions psychiques de relation.

Sous gouverneur : Vénus, la pensée, les sensations, les sentiments.

Par extension, on peut lui rattacher Neptune, la perception, le vide, dieu primordial des eaux du ciel et de la terre.

Sa couleur est blanche dans sa nature immaculée (non troublée par l’émotion et les pensées), vert émeraude dans l’activité psychique et l’investissement émotionnel.

Pour sa part, la couleur de Vénus est invariable : vert jade ou vert jardin au printemps.

Siège : le Scorpion

L'animal de l’Eau est l'éléphant et son emblème ésotérique en Inde et au Tibet, le Vajra, la Foudre qui dissout les illusions.

 

L'Eau est le deuxième élément du monde visible après la Terre. Les deux éléments figurent aux extrémités de la branche horizontale de la croix, tandis que l’Air et le Feu animent la branche verticale. Sa nature en fait un élément miroir, statique par nature, réfléchissant ce qui l’entoure (qui gouverne donc en nous la réflexion et la réceptivité), neutre dans ses fonctions mais réactif aux variations de l’environnement comme la surface de séparation d’un lac.

L’Eau représente donc l’univers sensible et réactionnel du mental sujet à des raz de marée émotionnels en fonction des variations de la pensée et de l’imaginaire (interaction Lune/Vénus).

Les légendes présentent l’Eau comme un élément maléfique, voire mortel, dès lors qu’il se manifeste sous la forme des émotions, les réactions, de l’avidité.

Ainsi Narcisse tombe amoureux de lui-même en se contemplant dans un lac et il en meurt.

Les sirènes sont séduisantes mais dévorent leurs prisonniers aussi bien qu’elles peuvent les retenir dans les rets de leurs enchantements. Les sirènes nordiques (et leurs compagnons, les ondins) n’ont pas d’âme et en devenant parfois humaines par amour, elles sont condamnées à la mort dès lors qu’elles sont séparées de l’objet de leur attachement.

Il existe dans les contes beaucoup de fontaines sacrées qu’aucun contact matériel ne doit souiller et dont les gardiens sont terrifiants. Quiconque y plonge la main en sort marqué physiquement, désigné comme celui qui par son avidité a souillé la pureté initiale.

 

L’éther : c’est le « cinquième élément » qui gère en nous les fonctions vitales rattachées au système sympathique (gouverné par le Soleil). Son siège serait à l’intérieur de moelle épinière. Il est représenté sous la forme d’une colonne de vapeur.

Gouverneur: Jupiter.

Couleur : bleu outremer ou noir.

L’éther est rattaché à la Conscience et a son siège dans le Lion.

 

L’Ether n’intervient jamais dans les activités quotidiennes d’un individu pas plus que dans ses représentations du monde. Mais il les contient toutes dans la mesure où son énergie figure à la base des manifestations de la vie elle-même.

C’est sans doute la raison pour laquelle les Anciens avait accordé à Jupiter la maîtrise des Poissons dont la symbolique associe la vie et la mort comme un passage vers d’autres dimensions de l’être.

Son emblème est la Roue de la Loi (roue à huit branches), indiquant sa relation directe avec I'œuvre créatrice, le mouvement et la Loi Universelle.

Il existe assez peu de contes que l’on puisse rattacher directement à l’Ether, mais le symbole est toujours plus ou moins représenté dans les grandes quêtes mystiques et les mythes fondateurs. On peut également penser que le héros lancé à la recherche d’un diamant ou d’un objet qui lui conférerait la nature divine relève de cet élément.

 

OBJETS SYMBOLIQUES, FORMES ET COULEURS

 

On peut se servir de ce texte pour associer les éléments, leurs manifestations et leurs couleurs aux différents symboles apparaissant dans les mythes et les contes.

 

Ainsi une femme portant une robe verte est une tentatrice qui fait appel aux émotions du héros pour l’attacher à elle et lui faire abandonner sa quête. C’est une « fausse princesse ». La reine, symbole d’humanité, de cœur, de largeur d’esprit, se doit d’avoir une robe rouge et porte des diamants. Le roi, représentant des lois divines et des grands archétypes (moralité, générosité, équanimité, conscience), a une tenue noire ou bleu outremer, couleur de l’Esprit.La princesse une robe blanche (la promise céleste) ou rose (alliance des couleurs de la Lune blanche et du rouge solaire) et porte des perles. La tentatrice, celle pour laquelle le héros va se perdre dans la passion porte des rubis ou des émeraudes.

Une princesse qui vit dans un palais de jade (vert = eau=psyché), va certainement piéger le chevalier et l’empêcher de poursuivre sa quête en lui proposant de vivre avec elle dans sa tour aux volets fermés sans jamais en sortir.

On n’a jamais vu le cheval du héros harnaché de jaune (le mental). Il perdrait à coup sûr tous ses tournois. Son armure sera obligatoirement rouge (Feu) ou noire (Ether) ou blanche (Eau purifiée). Ou bien encore elle sera faite d’or pur, couleur sublimée du jaune, lorsque la quête de connaissance est orientée vers l’évolution spirituelle et la connaissance de soi.

Le héros auquel la princesse offre une rose rouge, est supposé disposer des qualités nécessaires pour le transformer un jour en roi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle est fille unique : libre d’être conquise au même titre que le royaume.

Un héros en blanc n’est pas supposé se tromper sur sa voie personnelle, dans le respect des lois spirituelles. Quand il croise le chemin d’un vieillard en blanc (sagesse et détachement), il a intérêt à suivre ses conseils, même s’il doit lui en coûter beaucoup.

 

AUTRES SYMBOLES LIES AUX ELEMENTS

 

FEU

TERRE

AIR

EAU

Triangle

Pyramide

Carré/ rectangle/losange

Cube

Cercle

Sphère

Coupe

Arceaux

Rouge/ bleu outremer/ noir

 

Jaune

 

Bleu cyan/blanc (éther)

 

Vert émeraude

blanc glacier

Titane

Métaux

Vitraux/roches volcaniques

Or

Plomb/charbon/roches/

bois

Miroirs

Cristaux

Argent

Nacre/ écaille

Rubis

Topaze

Saphir/diamant (éther)

Emeraude

 

 

BASES SUR LA SYMBOLIQUE DES NOMBRES

 

NOTION D’HARMONIQUES

 

La science ésotérique des nombres se retrouve dans les douze signes du zodiaque qui divisent la roue en 12 séquences évolutives, correspondant aux 12 étapes de la quête du héros. Certaines de ces étapes figurent parmi les multiples ou les sous-multiples d’un nombre fondamental, et nous les traiterons dans la continuité de leur harmonique de référence.

 

Chacune des étapes correspondant à cette subdivision se retrouve dans la composante d’un thème sous la forme des aspects traditionnels ou des aspects de Képler.

 

Harmonique 1 : UNITE – CONJONCTION (CERCLE)

Deux forces sont confondues, l’une se séparant de l’autre, ou l’une se réunissant à l’autre après avoir accompli un cycle complet. Le symbole est donc celui d’un accomplissement dans la réunification de deux énergies.

L’unité est réalisée lorsque toute division a cessé au sein de la personnalité. L’harmonique 1 est donc synonyme de naissance ou de renaissance ou de vécu dans le présent.

 

Sur le plan des contes ou des légendes, l’unité est représentée sous la forme d’un homme seul ou d’un animal qui parle, éventuellement du gardien d’un trésor, ou d’un sage (une vieille femme, un mendiant errant, un mage), que le héros croise comme un phare sur son chemin et qui lui fait passer un test initiatique, en lui proposant ou énigme ou en lui tendant un piège visant à contrôler son état de détachement (donner le dernier morceau de pain qui lui reste par exemple).

 

Harmonique 2 – OPPOSITION, CONFLITS, PARADOXES (180°).

Deux forces fonctionnent en couple, par définition en équilibre instable, soit sur la base de la dualité (moi/l’autre par exemple), soit sur la base de la complémentarité. Cette dernière s’exprime dans les contes par la compatibilité des éléments représentés symboliquement sous forme de personnages : une princesse qui vit dans les airs correspond parfaitement à un héros de Feu (vêtu de rouge). En revanche, un prince (Feu) qui épouse une sirène (Eau) rencontrera nécessairement quelques problèmes pour la garder. D’ailleurs, dans n’importe quel conte, ce genre de couple vire rapidement à la catastrophe. Il n’en va de même dans un conte celtique où le prince des ondins épouse la fille d’un pêcheur (deux Eaux).

Cet harmonique participe donc au jeu de la division entre matérialité et spiritualité. Chez les personnes non conscientes, l’opposition évoque le concept des contraires, des tensions entre deux forces ou deux désirs, donc des paradoxes de comportement. Le OU entretient dès lors les conflits entre semblable et différent. La résolution du conflit tient dans le ET (association des contraires) en comprenant que n’importe quelle opposition n’est qu’un jeu entre deux de nos tendances à un certain stade de leur évolution (les aspects).

 

Le nombre deux dans les contes (le héros et l’épreuve par exemple, l’ogre et la fée, le saint et le dragon, la belle et la bête, la reine sorcière et la blanche princesse, le chevalier blanc et le chevalier noir, le chasseur et le cerf, évoque souvent la tentation du désir et de la haine (de soi) qu’il faut combattre pour triompher. C’est également le levier dynamique par lequel le héros s’accomplira dans son destin en comprenant qu’il ne doit pas entrer en conflit de pouvoir avec l’adversaire mais le vaincre loyalement. On trouve ce genre de combat dans la plupart des récits de chevalerie ou de quête du héros.

 

HARMONIQUE  3 – MAÎTRISE, REALISATION (120°)

Ce nombre est le plus souvent symbolisé par un triangle de couleur bleu outremer. C’est, par excellence, celui de l’esprit en équilibre dans la maîtrise de soi. L’intelligence clairvoyante qu’il suppose permet de vivre dans la réalité des choses, sans se les approprier ou développer des comportements de pouvoir.

 

On le retrouve sous le symbole de la montagne aux sentiers escarpés et semés de pièges mortels. Ou celui des chiens de garde de la déesse Hécate, à la fois féroces pour ceux sont en recherche de gloire personnelle mais qui se transforment en guides pour les héros en recherche de transcendance et de réalisation personnelle. Ainsi en est-il des trois sorcières aveugles de la légende de Persée, qui détiennent un œil magique (la clairvoyance) que le héros doit leur ravir pour pouvoir conquérir Pégase et tuer la Gorgone.

Le héros qui, au retour d’une quête basée sur le nombre 3, se réjouit de sa bonne fortune et oublie ceux qui l’ont aidé ou se venge, comme Cendrillon envers des deux méchantes sœurs, a dû rater une étape dans sa compréhension des événements. Mais ainsi en va-t-il de l’âme humaine que les émotions et réactions non conscientes peuvent précipiter dans les enfers de la Terre alors qu’ils croient avoir atteint les sommets du détachement.

 

 

HARMONIQUE 4 – BASE DU CARRE (90°)

Le nombre 4 est traditionnellement rattaché à l’élément Terre et au monde des formes visibles, sur la fixité apparente desquelles le mental fonde ses jugements et ses constructions, ses recherches, sa créativité mais également ses dérapages.

Dans toutes les légendes, il indique aussi bien cette fixité de nos références et identifications qu’une étape à franchir (croix des signes mutables), quelque chose à créer (croix des signes cardinaux), ou un tournant à prendre (croix des signes fixes) pour remettre l’esprit en mouvement.

 

Attention à la princesse qui invite le prince dans une tour carrée : ce n’est pas très bon signe. Il lui faudra déployer des trésors d’imagination et de courage pour ne pas sombrer dans l’inertie et le sommeil qui l’attendent et parvenir à s’en évader.

De même les attelages à quatre chevaux soulignent toujours que le héros ne conduit sa recherche que dans le monde des formes, et qu’il ne peut atteindre un quelconque niveau de transcendance avec cet équipage. Cependant, si un dieu ou un vieillard (symbole de sagesse), lui en offre un cinquième, et particulièrement si son équipage a été détruit, il a toutes les chances de déjouer les pièges de son destin terrestre.

La conclusion des contes est assez significative sur ce plan. Dans leur carrosse nuptial à quatre chevaux, les jeunes mariés sont promis à une nombreuse descendance. Dans celui à cinq chevaux, ou s’ils partent ensemble sur le même cheval blanc, à un règne de sagesse sur leurs deux pays unis dans la paix.

 

L’octile, son sous-multiple (nombre 8 = 45°) fonctionne dans un registre nettement plus subtil. Il représente à la fois l’inertie fondamentale du mental à la recherche de solutions extérieures pour sortir de ses propres ornières, et la capacité de l’esprit à découvrir ses propres solutions pour se remettre en mouvement, après une étape où il s’est enferré dans les habitudes, les modèles et les croyances.

En Inde, toutes les représentations des temples de Siva, le dieu de l’illusion et de la transformation, sont basées sur le nombre 4 et ses multiples 8 et 12.

L’octile, pour sa part est représenté par une étoile à huit branches. La partie en croix horizontale et verticale représente l’énergie masculine, la division entre partie terrestre (horizontale) et solaire (verticale) de l’être. La partie féminine – lunaire – est représentée par le signe de la multiplication. Symbole de la force et de l’énergie psychique, le mouvement de cette dernière anime la croix solaire dans un mouvement de rotation qui engendre la structure du cercle. C’est dans ce cercle sans fin (les 12 signes du zodiaque), que l’esprit est susceptible aussi bien de se perdre dans les illusions magnifiques du monde que de découvrir son unité intérieure en se situant au centre commun des deux croix.

 

Très explicite sur ce plan, est la légende grecque de Perséphone (Proserpine ou Korê), qui pour avoir cédé à la tentation d’être reine des Enfers, est condamnée par les dieux à dormir la moitié de son temps entourée de nymphes qui filent autour d’elle la trame des quatre saisons (les quatre angles du zodiaque).

La magie, les sorciers et sorcières, les fées aussi bien que les lutins ou génies en tous genres, relèvent également du nombre 8, en tant qu’agents ou utilisateurs des énergies subtiles dont ils sont supposés avoir la maîtrise. De la même façon, les dragons, les serpents (la vouivre celtique avec son œil unique en rubis), symbolisent les forces telluriques et mentales, qui nous induisent en tentation ou qu’il faut détruire pour libérer le monde de leurs maléfices.

 

La seule issue à cette division, aussi productive et attirante soit-elle, est de réunifier l’énergie vitale et l’énergie psychique pour que s’arrête le mouvement éternel de la roue.

 

Ainsi, les dieux tibétains aussi bien qu’hindouistes s’unissent-il avec leur shakti, pour restaurer l’énergie initiale dans lequel l’esprit peut retrouver sa nature originelle. On ne s’étonnera donc pas que le symbole du Scorpion, nombre huit du zodiaque, soit le phoenix qui renaît de ses cendres, après que tout attachement ait été consumé. Ou que le héros soit obligé de passer par le bûcher pour retrouver sa nature spirituelle.

 

HARMONIQUE 5 – BASE DU QUINTILE (72°)

Dès lors que nous devenons conscients de nos pensées et de nos actes, et de ce qu’ils sont capables d’engendrer, se pose la question du sens de la vie sur la Terre et du désir d’aider ses semblables. C’est pourquoi le nombre 5 est rattaché dans la tradition et les mythes à l’obligation pour l’ego de se soumettre à une discipline intérieure et parfois de se plier aux obligations les plus basses.

Il s’agit de retrouver l’univers des cinq sens en action dans la vie quotidienne pour se libérer du poids qu’un mental en expansion continue (à partir de l’harmonique 6) fait peser sur notre capacité d’aborder la réalité telle qu’elle est. C’est pourquoi l’épreuve du service est considérée universellement par les traditions comme un chemin conduisant au détachement, au sentiment d’appartenance (à un groupe aussi bien qu’à l’humanité toute entière) et à la compassion pour ses semblables. Le vrai sens de l’Amour dans le Lion.

Notre conscience elle-même repose sur la synthèse de ces cinq sens qui animent à leur tour l’activité mentale dont le siège se situe dans la Vierge. C’est dans ce dernier signe que les 36 énergies fondamentales, les Tattaghattas, commencent à se démultiplier pour donner naissance à l’ensemble des formes visibles.

La division par deux du quintile, le nombre 36 (6 X 6), présente donc une forte analogie à la fois avec l’activité du Lion sur le plan de l’éveil de la conscience de soi et celle de la Vierge pour le sens du service.

Les 36 décans du zodiaque sont de même gouvernés dans l’invisible par 6 énergies fondamentales (le Mouvement, la Lumière, la Conscience, l’Energie, l’Espace et le Temps) que l’on peut considérer comme les supports spirituels des planètes qui y figurent à la naissance. Attention : les maîtrises énergétiques des décans ne sont pas alignées sur celles qui leur sont attribuées en astrologie traditionnelle.

Dans la Kabbale (judaïque), il existe 72 Puissances dirigeant chacune cinq degrés du zodiaque. Non seulement ces Puissances sont supposées doter de qualités particulières les personnes dont le Soleil figure dans l’un de leurs degrés mais également les inspirer dans la direction de la réalisation spirituelle qui leur appartient.

Les chapelets orientaux pour leur part sont constitués de 108 perles ou pierres, nombre de l’action juste et du service bien compris dans la réalité librement acceptée. Quiconque dispose d’un tel aspect dans son thème a toutes les chances de trouver le bonheur en se rendant utile aux autres.

 

Dans les contes et légendes, le nombre 5 est le plus souvent relié à la réussite matérielle et la construction d’un avenir favorable, sous réserve que la générosité et le soutien aux autres (parfois inconditionnel) fasse partie de l’histoire.

Ainsi, dans la plupart des gestes du Moyen-âge, le maître impose une période de service plus ou moins longue (5 ou 10 ans) au héros avant de lui remettre les clés lui permettant de parcourir sans faille son chemin initiatique. On trouve cette constante dans la plupart des contes où le « méchant » ogre, démon, maître, roi, etc., retient prisonnier le personnage principal, pour son plus grand bien à la fin de l’histoire.

Sur la base du nombre 36 en tant que subdivision du zodiaque par 10 (nombre de Saturne, dieu de l’Age d’Or sur Terre et de Vishnou en Orient), le héros, parti à la recherche d’un remède pour sauver sa mère, peut gagner en route des chevaux (animal de Terre), de l’or, des biens matériels, mais il devra satisfaire en chemin à toutes les demandes et épreuves qui lui sont imposées, sans se plaindre. Cela lui permettra de revenir à la maison avec les médicaments miracles et la belle princesse qui lui a offert son royaume.

La princesse, quant à elle, est transformée en servante avant d’être révélée dans sa splendeur. Cendrillon, Peau d’Ane rencontrent leur prince, mais c’est à lui de les reconnaître sous leur aspect repoussant.

 

L’HARMONIQUE 6, BASE DU SEXTILE

Multiple de l’harmonique 3, le nombre 6 est donc significatif d’un accomplissement dans le domaine de la vie quotidienne, variant de la simple qualité qui s’épanouit dans le monde à la perfection d’une réalisation personnelle dans le sextile appliquant. Ce nombre peut se développer en multiples variantes selon qu’il est associé symboliquement au quintile (6 X 12), le service quotidien, ou au simplement développement d’une qualité personnelle dans l’univers de la dualité (6 X 2).

Le dieu du nombre 6 en Orient est Ganesha, fils immanent de Lakshmi, la déesse de la beauté, épouse de Siva. Ses attributs sont très proches de ceux conférés à Hermès (Mercure) dans la mythologie grecque : musicien, écrivain, conteur, messager des dieux, guide et juge des morts dans les enfers.

Le héros marqué par le nombre 6 est le plus souvent sollicité dans les deux directions, dans l’objectif d’élever ses qualités d’esprit. Cependant, s’il n’est pas parallèlement soumis aux obligations du nombre 5, donc du quintile, son risque, une fois la récompense reçue, est de s’enliser dans les bénéfices du succès, donc dans la matérialité, ou de demeurer prisonnier des démons (intérieurs) qu’il n’aura pas été capable de surmonter par son intelligence ou sa clairvoyance.

Vu sous l’angle négatif, le nombre 6 représente donc l’attrait pour les choses matérielles et les plaisirs de ce monde sans véritable recherche d’évolution personnelle. Dans les contes, il conduit fréquemment les héros à leur perte du fait de leur absence de discernement ou leurs objectifs égocentriques.

 

Etre changé en pierre (donc figé dans l’élément Terre, le mental), pour n’avoir pas su déjouer les énigmes d’un monstre ou se jeter aveuglément dans les pièges tendus par les « mirages » et « chimères » en tous genres (l’équipage d’Ulysse par exemple), est une constante du nombre.

Nous avons déjà vu avec le nombre 5 que l’énergie d’un nombre s’exprime toujours dans le signe suivant sous la forme N+1, énergie plus conscience de l’activité de cette énergie.

Ainsi, dans le Mahabharata indien, la légende fondatrice du monde, c’est en jouant son royaume aux dés (six faces) que le roi des Pandavas entraîne ses quatre autres frères dans un exil de douze années. Il faut dire que l’enjeu est de taille puisque de son règne dépend le destin spirituel de la Terre, menacé par ses cent cousins paillards, avides et querelleurs, nés d’une boule de glaise. Les Pandavas ne savent pas qu’à l’origine, ils étaient six frères, dont l’aîné, considéré comme un bâtard, a été livré aux eaux d’une rivière dans son berceau, tout comme le fut Moïse. C’est le sacrifice héroïque de ce frère méconnu, guerrier imbattable et généreux, qui lui permettra de recouvrer ses biens et de faire régner la justice et la paix (nombre 5) sur le monde.

 

Le nombre 12, apparaît dans la plupart des grandes légendes ou traditions comme le nombre d’étapes ou d’épreuves que le héros doit traverser avant de parvenir à la perfection de son destin.

Inutile, je pense, d’épiloguer sur les douze travaux d’Hercule, conduisant au sacrifice suprême par le feu après le nettoyage des écuries d’Augias, ou les douze étapes du chemin de croix du Christ. Ce sacrifice suprême, celui de l’ego, est sans doute la seule voie susceptible de nous conduire à la Libération (celle qui nous libère de notre attachement à la Terre, donc à la roue du zodiaque). Et seul le héros solitaire, capable d’accepter ou de rechercher ce sacrifice suprême serait capable d’y parvenir.

 

Dans les récits des douze chevaliers de la Table Ronde, le seul véritable chercheur en quête du Graal est un solitaire qui n’a pas droit à l’amour, ce lien qui le conduirait à se diviser, donc à rater sa cible : la rencontre avec l’Esprit Saint et la sublimation de sa nature humaine qui devrait en découler. C’est pourquoi Perceval triomphe là où Lancelot enfermé dans une histoire de trio amoureux, ne peut que rater des marches malgré son parcours héroïque.

 

HARMONIQUE 7 – HARMONIE, DONS, TALENTS

Divisez un cercle par 7 (nombre entier) et vous obtenez le nombre infini 51, 428571 suivi d’une répétition constante de la même séquence de décimales. Un nombre unique, sans multiplicateur ou diviseur, évoque nécessairement un concept de perfection intrinsèque.

Ce nombre parfait, accordé sur les vibrations de l’univers, représente un assez joli cadeau en soi quand il figure dans un thème de naissance. Mais à la seule condition qu’il soit exact (de 51°24’ à 51°30 ‘ au maximum). Lorsqu’on ne s’attache pas aux choses ou aux êtres, le talent inscrit dans cet aspect se développe de façon naturelle, aussi bien sur le plan relationnel que dans l’expression d’un don, le plus souvent artistique, pour le plus grand bonheur de la personne et de son environnement.

La mythologie grecque est assez significative sur ce plan qui fait d’Uranie, fille immanente d’Uranus, le dieu de l’Unité, la maîtresse des sept muses, dont Vénus, son avatar direct, assure la transmission sur la Terre.

 

L’une des légendes antiques parmi les plus significatives est celle de la création de Thèbes, l’une des capitales grecques antiques dont chacune des sept portes portaient le nom d’une des sagesses archétypales.

Cadmos, son roi est un sage inspiré par Zeus. L’amour et la paix règne dans le royaume car il a épousé Harmonie, la fille de Mars et de Vénus. Mais nul ne doit toucher aux parures que Zeus a offertes à Harmonie pour son mariage faute de quoi  les cataclysmes s’abattront sur ceux qui veulent s’emparer de ce trésor divin. On connaît la suite, l’histoire d’Œdipe et de ses enfants, et le sacrifice final d’Antigone qui se condamne elle-même à la mort pour ne pas renoncer à son devoir de fidélité envers son frère.

On peut aussi constater que dans la plupart des contes où le père a sept enfants, la misère, la maladie font partie de l’histoire ; six des fils sont des crétins, des arrivistes, des profiteurs, etc., le septième possède un talent insoupçonné, (ou bien un bon génie lui offre un don magique) qui lui permet non seulement de tirer ses frères des impasses où ils se sont plongés tout seuls, mais également d’obtenir l’amour et le succès, dont il se garde bien de se glorifier.

Cela ressemble aux bonnes fées qui se penchent sur le berceau des héroïnes pour leur offrir le don qui leur permettra de toujours se tirer d’affaire ou de contrer les maléfices des vilaines sorcières. Mais quand un bon génie vous offre trois vœux… il fait plutôt appel à votre discernement, donc à vos qualités d’esprit.

 

HARMONIQUE 9 – NOVILE

Base du nombre 40 (DON IMPERSONNEL, RELATION DESINTERESSEE) et du nombre 80 (LACHER PRISE).

Le nombre 9 a souvent été dévoyé de son sens en le rattachant uniquement à l’univers de la philosophie, de la transmission et des voyages. Il a beaucoup à voir avec le sens des relations, celui de la connaissance de la loi (Dharma) et de la foi, de l’amour et du don de soi.

 

Il est évident cependant que le sage au nombre 9 assure la continuité de connaissances ancestrales et leur transmission. On peut être sûr que c’est un bon « père », un bon conseiller, qui vous ramènera toujours au respect de la vie et de la juste mesure des choses.

 

Le nombre 40 est associé à la fois aux deuils et à la régénération ou la renaissance succédant au lâcher prise sur les attentes et le pouvoir que l’on croyait exercer sur les choses ou les autres. Il représente également le sens de l’engagement et du respect des alliances, la perfection de l’union dans l’amour et la capacité de donner sans attente de retour.

Les fées semblent aussi s’être penchées sur le berceau des personnes porteuses du novile qui possèdent  le don étrange, mais que j’ai maintes fois constaté, d’attirer à soi les sympathies et d’avoir des amis inconditionnels en dépit de tous nos défauts et toutes nos erreurs. A noter que le même aspect apporte la quasi certitude d’un mariage d’amour, ce qui n’implique en rien les sentiments de l’autre partenaire.

 

C’est pourquoi dans les contes, les festivités durent 40 jours aussi bien pour les deuils que pour les noces du héros.

Le mythe parfait sur ce plan est celui d’Isis et d’Osiris, la sœur et le frère, unis par un amour éternel. Pas question d’inceste ici : la plupart des pharaons épousaient leur sœur pour assurer la transmission de la lignée. L’horrible Seth, le dieu crocodile du Nil, jaloux de leur bonheur avait découpé Osiris en 40 morceaux qui éparpilla aux quatre coins des deux Egypte, la basse et la haute. La fidèle Isis réussit à en récupérer 39 et les rassembla pour redonner vie à son mari qui devint dès lors l’hiérophante des morts. Mais il manquait l’essentiel pour un homme. A croire que la divinité ne s’obtient qu’au prix du sacrifice du désir. Pour les amateurs de numérologie, on remarquera que 3+9 = 12, et que nous retrouvons ici une des grandes légendes cosmogoniques de la création.

Dans un conte d’Europe centrale, une princesse qui refuse de se marier donne naissance à un fils fait de farine et d’épices et transformé en bébé par l’ange qui lui avait enjoint de passer 40 jours dans une église. Lorsqu’il s’éveille à la vie, le fils a 7 ans. Il est si beau et sent si bon que tout le monde tombe à genoux sur son passage, et que les princesses se battent (sauvagement) pour obtenir et garder son amour.

 

Le nombre 80 (parfaitement exact sinon il ne fonctionne pas) que je n’ai jamais vu représenter symboliquement dans les contes, est associé à des deuils imprévisibles (pas nécessairement à la mort), faisant place nette pour l’émergence de circonstances généralement heureuses sur le plan personnel ou social. Le processus semble donc évoluer en 40+40, associant l’obligation de lâcher prise qui nous libère de liens physiques ou mentaux bloquants avant d’accéder à des situations nettement plus équilibrantes, donc à une forme de renaissance.

Ce qui m’a fait penser que le novile et ses multiples étaient peut-être dans le thème de naissance les seuls indices d’un destin qui nous échappe et ne prend son sens que lorsqu’il est déjà advenu dans notre vie. Il est souvent intéressant de l’associer à l’interprétation des nœuds lunaires pour vérifier si ce passage obligé n’était pas la seule façon de libérer les circonstances nécessaire à la réalisation de notre projet de vie. Dès lors, le projet de détachement serait antérieur à la naissance et cela permettrait de comprendre pourquoi, la plupart du temps, les gens estiment, a posteriori, que c’était ce qui pouvait leur arriver de mieux.

 

Harmonique 11

Relevant lui aussi d’un nombre entier, l'harmonique 11 n'a pas encore de définition dans les diverses traditions astrologique. Cependant, si on le rattache aux attributs du Verseau et d’Uranus, il évoque le détachement des modèles, la construction intérieure, l’abandon des certitudes par un retour à soi. C’est apparemment le nombre de l’aventure personnelle qui permet de dépasser ses propres limites pour franchir une porte à l’intérieur de soi et découvrir qui l’on est vraiment. Ce qui devrait permettre de prendre des initiatives personnelles en dépassant les modèles acquis, quitte à passer pour un fou aux yeux des autres.

 

La carte de la Force dans les tarots illustre ce nombre, qui est le seul (avec le 21, le Fou) que l’on ne réduit pas en numérologie à la somme de ses chiffres.

Carte de l’unité intérieure, la Force est symbolisée par une femme domptant un lion (en Orient c’est un homme chevauchant tranquillement un tigre). La force acquise dans le signe du Lion est bien en analogie avec la maîtrise de soi du Verseau, son signe opposé, mais avec tous les risques de l’orgueil personnel qui peut en découler. Je pense donc que si l’harmonique 11 a un sens sur le plan évolutif, il ne peut qu’indiquer la recherche d’une forme de libération mentale associée à un devoir de restitution. Si ce dernier n’est pas suffisamment conscientisé, il aboutirait au processus de blocage des intentions et réalisations personnelles qui apparaissent le plus souvent dans les effets du carré et du demi-carré ou aux obligations de service manifestées par le quintile.